Le gouvernement équatorien a dénoncé plus de 21 juges et procureurs pour avoir prétendument favorisé la libération de détenus

Le ministre de l'Intérieur, John Reimberg, a déclaré que son portefeuille d'État avait déposé plus de 21 plaintes contre des juges et des procureurs qui, selon le gouvernement, auraient favorisé la libération de personnes détenues dans le cadre d'opérations contre le crime organisé, dans un contexte marqué par l'intensification de la politique de sécurité promue par l'Exécutif.

Dans un entretien accordé à L'UniversSelon le responsable, ces actions font partie d'une stratégie plus large visant à renforcer la lutte contre les structures criminelles, non seulement à travers des opérations policières et militaires, mais aussi à travers le contrôle institutionnel du système judiciaire. Selon lui, l'objectif est d'éviter que les efforts des forces de l'ordre ne soient affaiblis par des décisions judiciaires permettant la libération de détenus liés à des délits graves.

Reimberg a souligné qu'il existe des inquiétudes au sein du gouvernement concernant le fonctionnement de certains opérateurs judiciaires, qu'il accuse de ne pas agir conformément aux exigences de sécurité des citoyens. Dans ce sens, il a assuré que des enquêtes ont été ouvertes en coordination avec le Parquet et qu'un juge a même été arrêté pour avoir prétendument favorisé des organisations criminelles.

Des policiers équatoriens escortent un homme identifié comme Ángel Esteban Aguilar, chef du groupe criminel Los Lobos de Equateur, qui a été arrêté au Mexique et recherché pour le meurtre du candidat présidentiel équatorien Fernando Villavicencio en 2023, à Guayaquil, Équateur, sur cette image distribuée le 19 mars 2026. John Reimberg via X/via REUTERS. CETTE IMAGE A ÉTÉ FOURNIE PAR UN TIERS. CRÉDIT OBLIGATOIRE. REVENTE INTERDITE. VOTRE FICHIER EST INTERDIT. MEILLEURE QUALITÉ DISPONIBLE.

Le ministre a évité de préciser le nombre total de juges faisant l'objet d'une enquête, arguant que la révélation de cette information pourrait affecter les enquêtes en cours. Cependant, il a souligné que le message de l'Exécutif est clair : tout fonctionnaire judiciaire qui se livre à des pratiques irrégulières s'exposera à des conséquences pénales. Dans ses déclarations, il a insisté sur le fait que la justice ne pourra pas « faire ce qu'elle a fait l'année précédente », en référence à des décisions qui, selon le gouvernement, ont facilité la libération des détenus.

Ces déclarations interviennent dans le cadre d'un examen des mesures de sécurité mises en œuvre dans plusieurs provinces du pays, notamment les couvre-feux appliqués à Guayas, Los Ríos, Santo Domingo de los Tsáchilas et El Oro. Selon Reimberg, ces actions ont permis la réalisation d'opérations visant à démanteler les économies criminelles, notamment des activités telles que le trafic de drogue, l'exploitation minière illégale et le trafic d'armes.

Le responsable a expliqué que le recours au couvre-feu répondait à la nécessité de minimiser les risques lors d'interventions à fort impact, dans lesquelles le recours à la force et le contrôle de territoires considérés comme stratégiques pour les organisations criminelles étaient nécessaires. Il laisse également ouverte la possibilité d'appliquer des mesures similaires dans d'autres provinces, en fonction de l'évolution des opérations et des objectifs identifiés par les autorités.

En termes de résultats, Reimberg a indiqué qu'au cours du mois de mars il y avait eu une réduction de 28% de certains indicateurs de criminalité qui n'incluent pas les homicides, et il a précisé que plus de 2.200 perquisitions ont été réalisées et quelque 4.300 personnes ont été arrêtées. En outre, il a évoqué la capture de cibles de valeur élevée et intermédiaire, ainsi que l'identification des financiers des structures criminelles.

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Il a toutefois reconnu que la baisse de la criminalité n'est pas absolue et que des événements violents continuent d'être enregistrés, même dans les zones où des restrictions de mobilité sont appliquées. Comme il l'a expliqué, cela est dû au fait que les opérations contre les groupes criminels restent actives et ne dépendent pas exclusivement de mesures telles que le couvre-feu.

Le ministre a également abordé la relation entre l'Exécutif et le système judiciaire, soulignant que la lutte contre la criminalité nécessite une articulation efficace entre les deux fonctions de l'État. Dans ce contexte, il a insisté sur le fait que les plaintes présentées visent à corriger ce qu'il considère comme des déviations dans les actions des juges et des procureurs, sans impliquer une ingérence dans leurs pouvoirs.

Parallèlement, Reimberg a mis en avant la coopération internationale, notamment avec les États-Unis, en matière de renseignement et de stratégies visant à attaquer les structures économiques du crime organisé. Ce soutien, comme expliqué, se concentre sur l'affaiblissement des sources de financement des organisations criminelles, considéré comme un axe central de la politique de sécurité du Gouvernement.