Le gouvernement panaméen propose des peines allant jusqu'à six ans pour avoir caché son visage avec des masques lors de manifestations

Le Conseil des ministres a autorisé la ministre du Gouvernement, Dinoska Montalvo, à présenter à l'Assemblée nationale le projet de loi n° 8-26, une initiative qui incorpore l'article 169-A du Code pénal et qui établit des sanctions contre l'utilisation de masques, cagoules ou cagoules dans les manifestations lorsqu'il y a l'intention de cacher son identité pour commettre ou inciter à des actes de violence.

Cette proposition apparaît comme l’une des réformes pénales les plus débattues de ces dernières années en matière d’ordre public et de protestation sociale.

Actuellement, l'article 169 du Code pénal punit quiconque empêche un rassemblement pacifique et légal de peines d'emprisonnement d'un à trois ans, qui augmentent si le responsable est un fonctionnaire.

Le nouvel article 169-A élargit la portée des sanctions en établissant que quiconque utilise des moyens pour cacher totalement ou partiellement son visage lors d'une manifestation dans le but de provoquer la violence, l'intimidation ou la haine sera puni de deux à quatre ans de prison, augmentant la peine à quatre à six ans si ce comportement facilite la commission d'autres délits.

L'Exécutif soutient que l'initiative vise à renforcer la sécurité des citoyens, à protéger le droit de manifester pacifiquement et à empêcher des groupes violents d'infiltrer les manifestations pour générer des troubles ou des dommages matériels.

Le projet de loi propose

Du point de vue du gouvernement, la réforme vise à établir un cadre dissuasif permettant aux autorités d’agir dans des situations dans lesquelles l’anonymat est utilisé comme outil de violence.

Cependant, le projet a déjà suscité des réactions critiques de la part des députés de l'opposition et des organisations civiles, qui mettent en garde contre de possibles effets sur la liberté d'expression et le droit de manifester.

Certains secteurs considèrent que l'initiative pourrait être interprétée comme un mécanisme de contrôle social, notamment dans des contextes de mobilisations citoyennes liées à des questions à fort impact politique et économique.

Les critiques sont également liées au contexte récent de protestations nationales, notamment celles enregistrées en 2023 après le jugement d'inconstitutionnalité rendu par la Cour suprême de justice qui a provoqué la fermeture de la mine de cuivre exploitée par Minera Panamá, une filiale de la société canadienne First Quantum.

Organisations civiles et députés de l'opposition

Les manifestations ont duré plus de 30 jours, avec des blocages et une paralysie partielle de l'activité commerciale, marquant l'un des épisodes de plus grande mobilisation sociale de l'histoire récente du pays. L'année dernière, des enseignants et des professeurs, ainsi que des ouvriers du bâtiment, ont protesté contre les réformes de la Caisse de sécurité sociale, ainsi que des salariés du secteur bananier.

Dans ce scénario, des secteurs critiques soutiennent que la proposition législative pourrait être liée à la possibilité de nouvelles protestations contre les futures décisions de l'Exécutif, y compris l'éventuelle réactivation du projet minier ou des mesures économiques à fort impact.

Les organisations sociales ont souligné que l'utilisation de masques ou de couvre-visages n'est pas toujours liée à des actes de violence, mais répond également à des raisons de sécurité personnelle, de santé ou de protection contre les gaz lacrymogènes.

Au niveau législatif, le débat s'annonce intense, puisque l'initiative devra être analysée en commissions et plus tard en séance plénière de l'Assemblée nationale, où pourront être présentées des modifications, des ajustements ou des propositions alternatives.

L'Exécutif maintient que le

Les députés de l'opposition ont annoncé qu'ils lanceraient un large débat pour évaluer la portée réelle de la norme et sa compatibilité avec les garanties constitutionnelles.

Le projet ouvre également un débat sur l’équilibre entre sécurité et libertés civiles, une question récurrente dans la région face à la montée des protestations sociales et des tensions politiques.

Les analystes soulignent que la clé sera dans l'interprétation juridique de l'élément intentionnel, c'est-à-dire démontrer que l'utilisation de masques vise à faciliter des actes de violence et non simplement à protéger l'identité dans l'exercice du droit de manifester.

Sur le plan politique, l'initiative intervient à un moment de grande sensibilité sociale, avec des discussions sur l'avenir du secteur minier, la situation fiscale et d'autres questions très médiatisées comme la construction d'un nouveau réservoir dans le canal de Panama. Cela a conduit à ce que le projet soit perçu par certains acteurs comme une mesure préventive contre des scénarios de conflit.

L'initiative sera débattue en

Malgré les critiques, l'Exécutif maintient que la réforme ne cherche pas à limiter les manifestations pacifiques, mais plutôt à éviter l'impunité pour ceux qui commettent des crimes lors des manifestations en profitant de l'anonymat.

La discussion législative et l'éventuel processus d'approbation détermineront l'impact réel de la proposition sur le cadre juridique des manifestations au Panama, dans un débat qui combine sécurité, droits civils et gouvernabilité.