Le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) du Venezuela a rapporté lundi qu'au moins 14 journalistes et travailleurs de la presse ont été arrêtés lors d'opérations menées par les forces du régime chaviste à l'intérieur et autour de l'Assemblée nationale, alors qu'ils couvraient l'installation de la session parlementaire.
Selon le syndicat, onze des personnes arrêtées appartiennent à des médias et agences internationaux et une à des médias nationaux. Jusqu'à présent, quatre ont été libérés, tandis que les dix autres restent détenus, certains dans ce que le syndicat décrit comme une situation de disparition forcée.
Pendant la couverture, il était interdit aux employés de la presse de diffuser en direct, d'enregistrer ou de prendre des photos, selon le SNTP. Par ailleurs, au moins trois journalistes ont été arrêtés par des responsables de la DGCIM et transférés au commandement de la Garde à l'intérieur du Palais législatif.
Au cours de ces procédures, les agents ont examiné les téléphones portables des communicateurs, demandant des codes d'accès et accédant aux photos, contacts, conversations, notes vocales, comptes Instagram, e-mails et fichiers stockés dans le cloud.
Le journaliste Daniel Álvarez, reporter de la chaîne Televen, a été temporairement privé de la garde de son téléphone alors que les autorités se trouvaient à l'extérieur du lieu où il était détenu avant sa libération.
Le SNTP a averti que ces actions portent atteinte à la vie privée et au secret des sources et font partie d'un modèle de criminalisation du journalisme qui persiste dans le pays. Selon le syndicat, « l'emprisonnement et la détention arbitraires de journalistes constituent une grave violation de la liberté de la presse et génèrent une autocensure dans la couverture de l'information, au détriment du droit des citoyens à être informés ».
Dans un communiqué publié ce lundi, le SNTP a averti qu’« il n’est pas possible d’avancer vers une transition démocratique tant que perdurent les persécutions politiques, la censure et les emprisonnements arbitraires ».
L'organisation explique que les arrestations ont eu lieu alors que des professionnels des médias effectuaient des reportages dans un contexte de forte tension politique, marqué par des conflits institutionnels et une forte présence des forces de sécurité dans le centre de la capitale vénézuélienne.
Selon le SNTP, la liberté d’expression et l’accès à l’information « ne sont pas des concessions du pouvoir politique, mais des droits humains fondamentaux », inscrits à la fois dans la Constitution vénézuélienne et dans les traités internationaux signés par l’État.
Le syndicat soutient que la violation continue de ces droits a eu des effets directs sur le débat public et a limité le droit des citoyens à recevoir des informations en temps opportun.
Le syndicat a dénoncé le fait qu'au moins 23 journalistes et travailleurs de la presse restent privés de liberté au Venezuela pour des raisons liées à leur travail d'information.
« L'emprisonnement de journalistes constitue une grave violation de la liberté de la presse et une pratique visant à intimider, à réduire au silence et à susciter l'autocensure », a déclaré le SNTP dans son communiqué, dans lequel il relie ces cas à une tendance à la criminalisation du journalisme.
La déclaration s’est également concentrée sur les restrictions imposées à l’écosystème de l’information numérique. Selon le syndicat, plus de 60 médias sont bloqués sur Internet, ce qu'il décrit comme une forme de « censure structurelle » qui réduit le pluralisme de l'information et limite l'accès à diverses sources.
L'organisation a averti que le recours à des mécanismes technologiques et administratifs pour empêcher le fonctionnement des portails d'information constitue une censure préalable, une pratique interdite par la législation vénézuélienne et les normes internationales des droits de l'homme.
Le SNTP a exprimé sa solidarité avec quelque 180 syndicalistes et travailleurs détenus pour avoir exercé leurs droits du travail et syndicaux, ainsi qu'avec les militants et défenseurs des droits de l'homme qui restent emprisonnés pour leur travail de dénonciation. En ce sens, il a réitéré sa demande de libération de « toutes les personnes emprisonnées pour des raisons politiques ».
Pour le syndicat, la criminalisation du journalisme, du travail syndical et de la dissidence pacifique représente un obstacle à tout processus de reconstruction institutionnelle.
Dans sa déclaration, il a exhorté l'État vénézuélien à considérer ces demandes comme une « priorité immédiate » et à adopter des mesures « immédiates, claires et vérifiables », parmi lesquelles la libération des détenus, la levée des blocages numériques et la garantie de conditions de sécurité pour la couverture des événements d'intérêt public.
Alors que les réactions aux arrestations de lundi se poursuivent, les organisations locales et internationales de défense de la liberté d'expression suivent de près l'évolution de l'affaire. Le SNTP a déclaré qu’il poursuivrait son travail de documentation et de reportage « jusqu’à ce que tous les droits soient pleinement rétablis au Venezuela », dans un pays où la pratique du journalisme reste étroitement liée à l’évolution de la crise politique et institutionnelle.