La Commission du 20 décembre 1989 a signalé que la première étape des travaux de terrain prévus pour l'été 2026 au cimetière Jardín de Paz était terminée, dans le cadre du processus d'exhumations, d'identification médico-légale et de recherche des victimes de l'invasion militaire américaine du Panama le 20 décembre 1989, une intervention qui visait à capturer l'ancien dictateur Manuel Antonio Noriega et qui a laissé un grand nombre de victimes civiles, de personnes disparues et de familles. aucune réponse depuis des décennies.
Selon la commission, cette phase comprenait l'intervention d'au moins 15 tombes, aux fins de récupération de restes humains et d'expertise. Ce travail s'inscrit dans une stratégie d'enquête historique, de réparation morale et de justice transitionnelle, visant à clarifier le sort des personnes décédées lors des opérations militaires dans les quartiers populaires, notamment dans des zones comme El Chorrillo, San Miguelito et leurs environs.
Les travaux d'exhumation se concentrent principalement au cimetière Jardín de Paz, dans la ville de Panama, ainsi que dans des secteurs de la province de Colón. Des équipes médico-légales, des anthropologues et des généticiens participent au processus de collecte de preuves, d'analyse des os et de comparaison de l'ADN, dans le but de parvenir à des identifications précises et de restituer les restes à leurs proches.
La commission a rapporté qu'en 2025, cinq actes de réparation ont été réalisés à travers la restitution de dix restes humains, 165 échantillons génétiques ont été collectés et 21 fragments osseux ont été envoyés à des laboratoires spécialisés. En outre, le bilan officiel a été mis à jour avec 236 victimes confirmées et 206 noms faisant l'objet d'une enquête, des chiffres qui reflètent l'ampleur du travail en cours plus de trois décennies après les événements.

L'une des découvertes les plus importantes a été l'identification de la tombe d'Eric Bonilla Terrero, l'une des victimes de l'invasion, localisée après des jours de prospection dans l'ancien cimetière de Cerro Batea, à San Miguelito. Bonilla avait 22 ans, il était mécanicien et est mort d'une blessure par balle dans la vallée d'Urracá. Son cas est devenu un symbole de l’impact humain du conflit armé.
Selon les témoignages familiaux recueillis par la commission, de nombreux proches ont appris le décès de leurs proches de manière informelle, sans notification officielle ni information claire sur le sort final des corps. Dans plusieurs dossiers, il apparaît qu'ils n'étaient informés que de l'existence de cadavres, sans précisions sur leur localisation ni sur les conditions d'inhumation.
Le président de la commission, Rolando Murgas Torraza, et le procureur de Download, Geomara Guerra, ont indiqué qu'à ce jour 43 restes humains ont été exhumés, dont 11 ont été pleinement identifiés. Parmi eux, dix ont déjà été remis à leurs familles, tandis qu'un est toujours en détention dans l'attente d'une procédure.
Le procureur Guerra a expliqué que l'institution maintient 33 enquêtes ouvertes sur des personnes portées disparues après l'invasion. Dans nombre de ces cas, des lacunes documentaires, des archives incomplètes et des témoignages fragmentés persistent, ce qui rend difficile la reconstitution des faits et l'établissement des responsabilités historiques.

Outre les limitations techniques, la commission est confrontée à des contraintes budgétaires. Ses autorités ont prévenu qu'il faudrait moins de 500 000 dollars pour garantir la continuité des enquêtes médico-légales, le recrutement de spécialistes et le traitement des échantillons. Le manque de financement a ralenti plusieurs phases de travail.
Le processus de recherche et de réparation fait partie d’un effort plus large visant à reconnaître officiellement l’impact de l’invasion. En 2022, l’État panaméen a déclaré le 20 décembre Journée de deuil national, à la mémoire des victimes civiles. Cette décision représentait une avancée symbolique dans la construction de la mémoire historique et de la reconnaissance institutionnelle.
L'invasion de 1989 a provoqué la destruction de grandes zones urbaines, notamment à El Chorrillo, le déplacement de milliers de personnes et la mort de centaines de personnes, dont beaucoup sans registre officiel. Pendant des années, l'absence de chiffres consolidés et d'enquêtes systématiques a alimenté les revendications des organisations de victimes.

La Commission du 20 décembre affirme que ses travaux visent à clôturer ce cycle d'incertitude. À travers des rapports annuels, des audits internes et la responsabilité publique, l'organisation tente de garantir la transparence, la crédibilité institutionnelle et la continuité du processus.
Au point d'orgue de cette première étape estivale, les autorités ont annoncé que les exhumations se poursuivraient dans les mois à venir, en intégrant de nouvelles technologies, en élargissant les prélèvements génétiques et en renforçant la coopération interinstitutionnelle.
Pour les membres de la famille, chaque découverte représente une opportunité de clore un deuil inachevé et de retrouver une partie de la dignité ôtée par la violence.