Le parti Vente Venezuela (VV), dirigé par María Corina Machado, a déclaré mercredi que le pays traverse une situation sans précédent qui ouvre la possibilité réelle d'avancer vers la liberté et la démocratie, au milieu de la libération partielle des prisonniers politiques, du retour des dirigeants à la vie publique et du débat parlementaire sur un projet d'amnistie.
L'organisation a soutenu que ce scénario n'aurait de sens que s'il aboutissait à la cessation effective des persécutions politiques et à la pleine restitution des droits des citoyens.
Le parti de María Corina Machado a souligné que le Venezuela vit « une réelle opportunité de changement profond vers la liberté, la démocratie et la prospérité ».
La déclaration a été présentée comme une « Proclamation des personnes libérées, renvoyées et laissées dans la clandestinité » et met l’accent sur la responsabilité de la société de consolider ce moment politique. Selon le parti, la possibilité d’un changement n’est pas une concession de pouvoir, mais le résultat d’années de pression sociale et de mobilisation citoyenne.
L'organisation a soutenu que cette étape devrait permettre à tout Vénézuélien de « se battre publiquement pour ses droits », à condition qu'il y ait un réel engagement à mettre fin à la persécution politique. En ce sens, il a exigé la levée de la censure, la libération de tous les prisonniers politiques et la garantie d'un retour en toute sécurité pour ceux en exil. Pour VV, ces éléments sont des conditions fondamentales pour parler de liberté et d’un processus de normalisation démocratique.
Le parti a également averti que le scénario actuel n’offre pas de garanties automatiques.
« Rien n'est garanti », a-t-il souligné dans son message, tout en appelant les citoyens à jouer un rôle actif dans la défense de ce qu'il a défini comme une opportunité historique. Dans ce sens, il a appelé à agir « avec calme et fermeté, sans peur ni violence, avec la vérité pour guide », dans un contexte toujours marqué par les tensions politiques et la méfiance institutionnelle.
Depuis début janvier, le pays est le théâtre d'un processus de libération annoncé par le chavisme, qui a permis la libération de prison de centaines de personnes détenues pour des raisons politiques. Toutefois, les organisations de défense des droits de l'homme ont précisé que certaines de ces mesures n'impliquent pas une liberté totale, car bon nombre des personnes libérées restent assignées à résidence ou soumises à d'autres restrictions.
Parmi ceux qui ont bénéficié de ces décisions figurent des dirigeants et des militants liés à Vente Venezuela, dont certains étaient restés dans la clandestinité.
Ces derniers jours, des proches de détenus et des militants se sont rassemblés à proximité des centres de détention pour exiger la libération complète des prisonniers politiques. Dans le même temps, des personnalités politiques proches de Machado sont réapparues publiquement après des années de persécution ou d'emprisonnement, même si plusieurs restent soumises à des mesures judiciaires qui limitent leur mobilité et leur activité politique.
Parallèlement, le Parlement avance dans la consultation publique d'un projet de loi d'amnistie, approuvé lors de la première discussion et toujours en attente d'un deuxième débat. Le processus a impliqué la participation d'universitaires, d'organisations de défense des droits de l'homme et de proches de prisonniers politiques. Cependant, le contenu de l'initiative soulève des questions, car différents secteurs préviennent que la portée de l'amnistie pourrait laisser de côté un nombre important de détenus, en raison de la délimitation de périodes politiques spécifiques.
Vente Venezuela observe ce processus avec prudence. Même s’il reconnaît que le débat sur l’amnistie s’inscrit dans le moment politique actuel, il insiste sur le fait que la liberté ne peut être ni partielle ni conditionnée. Pour le parti, un véritable changement ne sera possible que si les mécanismes de contrôle et de persécution prennent fin et si l’on garantit que tous les citoyens peuvent exercer leurs droits sans crainte.