Le recomptage qui définira le président du Honduras avance dans la méfiance

Dans un grand entrepôt de la taille de deux terrains de basket, situé à Tegucigalpa, des centaines de personnes travaillent depuis vendredi à examiner manuellement les votes qui détermineront le vainqueur de l'élection présidentielle au Honduras, qui aura lieu le 30 novembre.

Sous de strictes mesures de sécurité, les responsables du Conseil national électoral (CNE) et les représentants des partis inspectent méticuleusement chaque vote, utilisant des gants en latex et agissant comme s'ils effectuaient un travail médico-légal. Ce processus, diffusé publiquement sur YouTube en raison de la fermeture de l'accès à la presse, se concentre sur près de 2 800 minutes classées comme comportant des « incohérences ».

Le résultat de ce recomptage déterminera si le prochain président sera Nasry Asfura, un homme d'affaires conservateur de 67 ans soutenu par le président américain Donald Trump, ou Salvador Nasralla, un présentateur de télévision de droite de 72 ans. Asfura conserve une avance minime de quelques milliers de voix, tandis que Nasralla affirme qu'un demi-million de voix sont encore en attente d'examen.

L'atmosphère autour du centre de comptage est tendue et gardée par les militaires, avec peu de présence civile. Cette tension a été accrue par des allégations répétées de fraude, l'intervention du gouvernement des États-Unis et des pannes informatiques répétées qui ont interrompu le décompte préliminaire, générant des protestations qui ont fait plusieurs blessés et provoqué la prolifération de théories du complot.

La police militaire passe par là

Selon le codirecteur de la Formation Politique du CNE, Bladimir Bastida, le recomptage pourrait se conclure dans quelques heures, même si le délai officiel pour proclamer le vainqueur s'étend jusqu'au 30 décembre. Nasralla, pour sa part, soutient qu'après cet audit, il est essentiel d'examiner toutes les « incohérences » qui, selon son estimation, affectent près de 8 000 urnes.

Pendant ce temps, l’incertitude électorale affecte l’économie locale. Les vendeurs et commerçants voient leurs ventes diminuer, notamment dans la zone du marché Kennedy, le plus grand quartier de Tegucigalpa et à environ 600 mètres du centre de comptage.