Parmi les accusés figurent également l'ancien président Juan Carlos Varela (2014-2019), ainsi que des dirigeants des deux partis majoritaires, qui, selon le parquet panaméen, auraient reçu des fonds irréguliers pour des campagnes politiques. L'affaire concernait plus de trente personnes accusées de participation à un système de blanchiment d'argent, dans le cadre duquel l'entreprise de construction Odebrecht aurait versé plus de 80 millions de dollars de pots-de-vin pour obtenir des contrats de travaux publics.
Le parquet a présenté comme preuves des documents du ministère de la Justice des États-Unis, des dossiers de la police andorrane et des déclarations de collaborateurs brésiliens. La procureure Ruth Morcillo a déclaré qu'il existe suffisamment de preuves pour demander la condamnation de seize des accusés, parmi lesquels l'ancien président Martinelli et cinq anciens ministres, dont l'ancien candidat à la présidentielle, José Domingo Arias. Il a par ailleurs demandé l'acquittement de cinq personnes et une compensation financière à l'Etat.

Les fils de Ricardo Martinelli, Ricardo Alberto et Luis Enrique, ainsi que l'ancien président Juan Carlos Varela, feront face à une procédure distincte devant la Cour suprême de justice en raison de leur statut de membres du Parlement centraméricain, qui leur confère une juridiction spéciale.
L'enquête sur le réseau de corruption d'Odebrecht au Panama a débuté en 2015, mais elle a été archivée et rouverte en 2017, après que l'entreprise a avoué aux États-Unis avoir versé 788 millions de dollars de pots-de-vin dans une douzaine de pays. L'affaire au Panama s'est terminée en octobre 2018 et les aveux d'André Rabello, ancien directeur d'Odebrecht dans le pays, ont confirmé la remise de plus de 80 millions de dollars à des fonctionnaires et à des particuliers.

La sentence, qui définira l'avenir judiciaire des personnes impliquées, sera rendue dans les prochaines semaines après l'évaluation des éléments présentés au cours du processus.