Le Venezuela a proposé mardi à la Guyane d'ouvrir une négociation directe et « de bonne foi » pour résoudre la controverse historique sur le territoire d'Essequibo, à l'occasion du 60e anniversaire de la signature de l'accord de Genève de 1966.
Cette approche a été diffusée par la direction chaviste dirigée par Delcy Rodríguez, dans une déclaration dans laquelle il est réaffirmé que Caracas ne renoncera pas à ses droits sur la zone contestée et rejette la voie judiciaire promue par Georgetown.
Dans le texte officiel, le chavisme a soutenu que « la seule manière possible de résoudre la controverse territoriale est de s'engager définitivement dans des négociations de bonne foi » et a souligné que l'Accord de Genève constitue, pour Caracas, le « seul instrument juridique valable pour parvenir à une solution mutuellement acceptable ».
Dans sa déclaration, Caracas a déclaré que l'accord signé en 1966 « a enterré le débat sur la validité ou l'invalidité de la sentence arbitrale de 1899 » et a établi l'obligation des parties de rechercher un règlement pratique et satisfaisant. Selon le document, pendant six décennies, le Venezuela aurait démontré son « engagement absolu » envers ce mandat.

La position du Venezuela va à l'encontre de la stratégie du Guyana devant la Cour internationale de Justice. Le communiqué dénonce le fait que Georgetown, « depuis au moins 2015 », a ignoré l’Accord de Genève et a promu un « procès unilatéral » devant le tribunal de La Haye, que le régime de Caracas considère comme incompétent pour régler l’affaire.
« Le Venezuela ne renoncera jamais à ses droits et titres historiques sur Guayana Esequiba, qui a fait, fait et fera partie de l'intégrité territoriale du Venezuela », souligne le texte publié par le chavisme. La formulation ratifie la ligne maintenue par Caracas depuis des décennies contre un territoire administré par la Guyane et qui représente près des deux tiers de sa superficie.
Le différend tourne autour d'une vaste région d'environ 160 000 kilomètres carrés située à l'ouest du fleuve Essequibo. Il s'agit d'une zone stratégique en raison de son potentiel pétrolier, minier et environnemental, et elle a acquis une importance supplémentaire ces dernières années en raison du développement de grands projets énergétiques dans les eaux voisines.
La controverse remonte à la sentence arbitrale de Paris de 1899, qui accordait la souveraineté du territoire à ce qui était alors la Guyane britannique. Des décennies plus tard, le Venezuela a déclaré cette décision nulle et non avenue et a signé l’accord de Genève avec le Royaume-Uni, qui a établi un mécanisme pour rechercher une solution négociée.

En 2018, la Guyane a saisi la Cour internationale de Justice pour que celle-ci se prononce sur la validité de la sentence de 1899 et donc sur la souveraineté du territoire.
Le communiqué publié mardi justifie également le référendum non contraignant organisé au Venezuela en décembre 2023 sur le statut d'Essequibo, présenté par le chavisme comme un mandat politique pour ne pas céder sur la revendication territoriale. Dans ce cadre, les dirigeants vénézuéliens soutiennent que toute solution doit naître d'un processus de dialogue entre les deux capitales et non d'une décision judiciaire.
Du point de vue militaire, le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a soutenu l'initiative et a déclaré que la situation régionale « peut apporter de nouvelles opportunités pour résoudre les conflits territoriaux dans la région et passer à un jeu à somme positive qui apporte du progrès aux nations ».
Il a ajouté que les Forces armées ratifient leur engagement en faveur d'une « solution pacifique, pratique et satisfaisante pour les deux parties dans la région d'Essequibo avec son prolongement maritime, également en attente de délimitation ».

Dans sa déclaration finale, le régime vénézuélien a réitéré que la liberté de négociation ne peut être conditionnée par des décisions extérieures et a soutenu que le différend doit être résolu selon les conditions convenues en 1966.