Le Venezuela vit sous l’ombre du Cartel des Soleils : un pays assiégé par le crime organisé et l’impunité

Le Cartel des Soleils a fait du Venezuela son repaire, soumettant la population à un état de menace, de surveillance et de fragmentation. Ceci est soutenu par une analyse publiée par Crem Papers, sur « le régime criminel qui dirige le Cartel des Soleils et s’appuie sur le Train Aragua », qui souligne l’importance de considérer la nature hybride et la capacité de mimétisme de ces organisations criminelles, qui en viennent à agir comme un « gouvernement » au Venezuela.

Concernant le financement et la promotion de ce réseau, l'analyse identifie comme directement responsable la hiérarchie structurelle et périphérique qui soutient le régime de Nicolas Maduro et son cercle criminel.

Il est noté que la solution ne consiste pas seulement à « démanteler un dôme », mais à réhabiliter les tissus institutionnels et sociaux sur lesquels les économies illicites trouvent leur soutien. Il décrit que le Cartel des Soleils et le Tren de Aragua sont des organisations qui ne peuvent être éradiquées uniquement par des frappes policières, car elles fonctionnent comme des écosystèmes, avec des franchises, des acteurs étatiques et privés et des réseaux financiers complexes.

Nicolás Maduro est pointé du doigt pour

L’étude indique que ces structures trompent les personnes imprudentes, mal informées et culturellement vulnérables, tout en favorisant les principaux acteurs criminels et les complices politiques et économiques qui dirigent les lobbies nationaux et étrangers.

La réponse à ce phénomène, selon l'analyse de Crem, doit être multidimensionnelle : intelligence, mobilisation et promotion de l'appareil judiciaire international, ainsi que des mesures financières robustes et énergiques pour couper l'oxygène économique à l'organisation.

En outre, il recommande l'analyse Crem, la mise en œuvre de politiques publiques sur le territoire, la protection des victimes et une coordination internationale soutenue et technique, utilisant une technologie de pointe et des actions précises pour neutraliser les infrastructures opérationnelles et logistiques qui soutiennent le Cartel des Soleils.

Prison de Tocoron

Dans l'analyse des Crem Papers, un espace de diffusion de la pensée politique, économique et sociale au Venezuela, organisé par Raúl Cuenca, nous mettons en garde contre la structure criminelle complexe représentée par le Cartel des Soleils et le Train Aragua.

« Les deux organisations opèrent comme des acteurs hybrides, combinant des crimes traditionnels, tels que le trafic de drogue, la contrebande, l’exploitation minière illégale, l’extorsion et la traite des êtres humains, avec une capacité notable à infiltrer et à coopter des structures publiques et privées. »

Il est souligné que l'ampleur et la sophistication de ce réseau criminel nécessitent des réponses multilatérales et coordonnées, dans lesquelles la justice pénale, les mesures financières et les politiques sociales sont intégrées.

Il précise que « le Cartel des Soleils ne répond pas au modèle hiérarchique classique d'organisations comme Sinaloa, mais s'articule à travers des réseaux étatiques et des mandataires au sein des forces armées et des élites, facilitant et protégeant les opérations illicites telles que le contrôle des aérodromes, des ports, la légitimation des marchandises et l'évasion fiscale ».

Le train d'Aragua

Concernant le Train Aragua, il est expliqué que cette organisation est née dans la prison de Tocorón, dans l'État d'Aragua, au Venezuela, et qu'elle s'est transformée en quelques années en un réseau criminel transnational.

« Ses activités vont du trafic d'êtres humains et du trafic de drogue, à l'extorsion, aux enlèvements et au vol organisé, en passant par la contrebande et le trafic de drogue. Le Train Aragua s'est étendu à travers plusieurs pays, opérant à travers des cellules qui reproduisent la logique criminelle originale. »

Dans l'analyse, il est rappelé que divers États américains ont défini et caractérisé le Tren de Aragua comme une organisation criminelle, les États-Unis étant ceux qui le classent comme organisation terroriste. D'autres gouvernements ont également sanctionné et classé le train Aragua pour ses activités criminelles et déstabilisatrices et son expansion transnationale.

Il ne suffit pas de démonter le

La sécurité en Amérique latine et en Europe est sérieusement affectée par l'expansion d'organisations criminelles telles que le Tren de Aragua et les réseaux associés au Cartel des Soleils. Leur présence a déclenché des taux de violence, d'extorsion, d'enlèvements et de tueurs à gages dans des pays comme la Colombie, le Brésil, le Pérou, le Panama, la République dominicaine, le Chili et même dans les pays européens.

Selon l'analyse publiée par Crem Papers, le Venezuela s'est imposé comme un nœud stratégique pour la sortie de la cocaïne vers les Caraïbes, l'Amérique centrale et les routes transatlantiques qui relient l'Afrique et l'Europe. Ce phénomène modifie les schémas régionaux et favorise les alliances tactiques avec des organisations criminelles étrangères. L’arrivée de drogues en Afrique et leur utilisation par les guérilleros et les groupes djihadistes comme pont vers l’Europe représentent une externalité à haut risque.

Le document révèle que la criminalité organisée alimente les flux migratoires, transformant les migrants en victimes de trafic et d’extorsion et compliquant les politiques migratoires des pays d’accueil, confrontés à une pression sociale et politique croissante. Les tensions aux frontières andines et les mesures d’urgence adoptées par les pays voisins en sont un exemple.

Dans le domaine économique, l’analyse souligne que d’importants volumes de capitaux illicites sont intégrés dans les économies locales, avec l’immobilier, les entreprises, l’exploitation minière et le commerce, faussant les marchés, générant une concurrence déloyale et drainant les ressources publiques par la corruption. Des rapports locaux ont documenté la pénétration de ces réseaux dans les services, les marchés et les circuits financiers.

Crem met en garde contre l’impact sur la sécurité mondiale, géopolitique et internationale, dans la mesure où le financement de réseaux violents et de groupes armés par des routes convergentes de la drogue peut faciliter le financement d’acteurs violents en dehors de l’Amérique, notamment via des liens indirects via l’Afrique. Ainsi, un phénomène local devient une menace pour la stabilité régionale et la sécurité européenne.