L'Équateur a commencé à mettre à jour son traité d'extradition avec l'Argentine

L'Équateur promeut la négociation d'un nouveau traité bilatéral d'extradition avec l'Argentine dans le but de mettre à jour le cadre juridique qui réglemente ces processus et de l'adapter aux défis contemporains du crime organisé. L'ambassadrice de l'Équateur à Buenos Aires, Diana Salazar Méndez, a expliqué que, même si les deux pays sont actuellement régis par la Convention interaméricaine d'extradition de 1933, la signature d'un instrument bilatéral permettrait d'établir des règles réciproques plus claires et conformes à la pratique judiciaire actuelle.

Selon l'ambassadeur, un traité bilatéral aurait une application préférentielle entre l'Équateur et l'Argentine et permettrait d'établir des obligations claires et réciproques, renforçant la coopération et assurant la cohérence avec les lois nationales et les normes internationales en vigueur. En outre, il chercherait à intégrer des mécanismes plus pratiques et plus efficaces qui contribuent à éviter l'impunité et à renforcer la lutte contre la criminalité transnationale organisée.

Le président argentin, Javier Milei,

Parmi les aspects de fond qui pourraient être abordés dans le nouvel instrument figurent la définition des crimes pouvant donner lieu à l'extradition et la proportionnalité des peines. Le diplomate a souligné l'importance d'établir clairement que les crimes tels que le terrorisme et le crime organisé ne peuvent pas être considérés comme des crimes politiques, une précision pertinente si l'on tient compte du fait que les instruments multilatéraux actuels ont été signés il y a plusieurs décennies et n'envisagent pas expressément de nouvelles modalités pénales liées aux réseaux criminels internationaux.

L'éventuel traité permettrait également l'incorporation de définitions plus actuelles alignées sur les efforts législatifs et opérationnels que les deux pays ont développés ces dernières années dans la lutte contre le crime organisé. Au niveau procédural, les exigences et les délais de présentation des candidatures pourraient être spécifiés, des règles claires sur les prolongations et les notifications pourraient être établies et les délais de livraison de la personne requise pourraient être déterminés.

Salazar a indiqué que des mécanismes d'extradition simplifiés pourraient même être envisagés avec le consentement de la partie requise, ce qui contribuerait à accélérer les processus. Cet élément est pertinent dans les cas où le passage du temps peut affecter le procès de certains crimes, notamment ceux soumis à prescription. De même, le traité pourrait affiner les procédures liées à la détention préventive et à la remise temporaire de personnes dans le cadre de la coopération judiciaire internationale.

La Cour Nationale de Justice

Concernant les cas actuellement pendants entre l'Équateur et l'Argentine, l'ambassadeur a expliqué que certains sont en phase d'appel devant la Cour suprême de justice d'Argentine. Ils sont donc soumis aux réglementations internes et à la pratique judiciaire de ce pays. En ce qui concerne les principes de souveraineté, d'indépendance des pouvoirs et de non-ingérence dans la justice, il convient d'observer et de respecter les temps de la justice argentine.

Le diplomate a précisé qu'un traité bilatéral ne peut pas déterminer les délais d'action du système judiciaire argentin ni influencer des décisions juridictionnelles spécifiques. Cependant, cela peut constituer une base solide pour renforcer la coopération entre les deux États et promouvoir une plus grande coordination institutionnelle qui facilite le règlement rapide des demandes d’extradition et des appels déposés.

La mise à jour du cadre juridique s'inscrit dans une stratégie plus large de coopération en matière de sécurité et de justice entre les deux pays, dans un contexte régional marqué par l'expansion des réseaux du crime organisé et la nécessité de mécanismes agiles d'entraide judiciaire. Dans ce scénario, l'Équateur cherche à se doter d'outils bilatéraux qui complètent les instruments multilatéraux existants et reflètent l'évolution réglementaire et opérationnelle des dernières décennies.

L’éventuelle négociation d’un nouveau traité dépendra de la volonté politique et technique des deux gouvernements, ainsi que des processus d’approbation internes auxquels chaque pays devra se conformer. Entre-temps, les demandes d'extradition en cours continuent d'être traitées dans le cadre juridique actuel et conformément aux procédures établies par la justice argentine.