L'Équateur dispose de son premier centre de fusion du renseignement pour lutter contre le trafic de drogue

L'Équateur a lancé le premier centre de fusion du renseignement du pays avec le soutien de l'Union européenne, une infrastructure spécialisée visant à renforcer la coordination interinstitutionnelle contre la criminalité organisée, en particulier le trafic de drogue et les économies criminelles liées aux ports. Le projet, inauguré le 19 janvier 2026 à Guayaquil, représente un investissement de 2,3 millions de dollars et marque une étape importante dans la coopération en matière de sécurité entre l'Équateur et l'Europe, car il s'agit également du premier centre de ce type en Amérique latine axé spécifiquement sur la sécurité portuaire moderne.

Le Fusion Center a été réalisé dans le cadre du projet EUFORT-EC, cofinancé par l'Union européenne et mis en œuvre par Expertise Franceavec la participation technique de la police judiciaire portugaise, de la police fédérale belge et du Centre d'analyse et d'opérations maritimes en matière de trafic de drogue (MAOC-N). Son objectif central est d'améliorer l'échange de renseignements, la planification conjointe d'opérations et la réponse coordonnée contre les réseaux criminels transnationaux qui utilisent le territoire équatorien, en particulier ses ports, comme points de sortie stratégiques de la drogue vers l'Europe.

La nouvelle infrastructure intègre des unités spéciales de différentes institutions de sécurité équatoriennes et bénéficie de la participation active de la police nationale et de la marine équatorienne. Selon les informations officielles, le Centre est désormais pleinement opérationnel et dispose d'équipements technologiques spécialisés, notamment du matériel informatique, des logiciels et des systèmes robustes de sécurité de l'information, conçus pour créer des conditions techniques et logistiques optimales pour l'analyse du renseignement et la coordination opérationnelle.

La nouvelle infrastructure intègre

Les autorités équatoriennes et les représentants diplomatiques européens ont participé à la cérémonie d'ouverture. Parmi eux se trouvaient le ministre des Affaires étrangères par intérim Alejandro Dávalos, les ministres de la Défense et de l'Intérieur, Gian Carlo Loffredo et John Reimberg, ainsi que l'ambassadrice de l'Union européenne en Équateur, Jekaterina Doródnova, et les ambassadeurs de France et d'Italie. L'ordre du jour comprenait une visite des installations et une cérémonie officielle au cours de laquelle des protocoles d'accord ont été signés entre le MAOC-N, la Police nationale et la Marine équatorienne, afin de consolider la coopération régionale dans la lutte contre le trafic maritime de drogue.

D’un point de vue européen, l’inauguration du Fusion Center s’inscrit dans une stratégie plus large de coopération en matière de sécurité. L'Ambassadeur Doródnova a souligné que l'Union européenne a alloué près de 30 millions de dollars au cours des trois dernières années aux programmes de sécurité bilatéraux et régionaux en Équateur, auxquels s'ajoutent les contributions directes des États membres. Selon lui, cette coopération est le résultat d'un dialogue technique annuel organisé à travers des tables de sécurité entre l'UE et l'Équateur, qui fonctionnent comme des espaces d'évaluation et d'ajustement conjoints des programmes en cours.

La composante opérationnelle du Centre s'inspire du modèle MAOC-N, une plateforme européenne qui coordonne le renseignement et les ressources pour des opérations antidrogue à fort impact. Selon le directeur exécutif de cette organisation, l'adaptation de ce programme au niveau national permettra à l'Équateur d'améliorer sa capacité de planification et d'exécution d'actions conjointes, tout en ouvrant la porte à une collaboration renforcée avec les partenaires internationaux face aux menaces transnationales.

05/06/2025 Drapeau de l'Union

Les autorités équatoriennes ont souligné la valeur stratégique du Centre dans un contexte d'expansion du crime organisé. Le ministre de l'Intérieur a souligné que cet outil est essentiel pour faire face aux économies criminelles dans la zone portuaire et qu'il démontre l'importance de la coopération internationale comme pilier de la politique de sécurité. Dans le même esprit, le ministre de la Défense a souligné que le trafic de drogue et le crime organisé ne connaissent pas de frontières et nécessitent donc des réponses partagées, coordonnées et responsables entre les États.

Le projet EUFORT-EC a une durée prévue de 18 mois et envisage deux axes principaux : la création, la formation et l'équipement du Centre national de renseignement et de coordination, et le renforcement du système de sécurité portuaire dans la baie de Guayaquil pour réduire les flux de drogues illicites vers l'Europe. L'initiative s'aligne sur le Plan d'action global de l'Union européenne contre la criminalité organisée et sur les priorités de l'État équatorien en matière de sécurité.