Les autorités centraméricaines ont multiplié les alertes sanitaires après avoir confirmé de nouveaux cas de rougeole dans la région ces dernières semaines.
Le Mexique a signalé le premier décès lié à cette maladie virale en 2026, tandis que le Guatemala a vérifié 82 cas confirmés, suscitant l'inquiétude des spécialistes et des organismes de santé.
La résurgence de la rougeole dans la région montre un recul dans le contrôle de cette maladie, historiquement considérée comme éliminée dans plusieurs pays grâce à des campagnes de vaccination de masse. Parmi les causes identifiées par les autorités sanitaires et l'Organisation mondiale de la santé (OMS), se distinguent la diminution des taux de vaccination des enfants et l'inégalité d'accès aux services médicaux, ce qui a accru l'apparition d'épidémies dans les communautés vulnérables.

Selon le ministère mexicain de la Santé, au 23 janvier, 987 cas de rougeole ont été enregistrés jusqu'à présent en 2026 ; Le chiffre national s'élève à 7.417 cas depuis 2025, avec un total de 26 décès attribués à la maladie au cours de cette période.
Jalisco concentre le plus grand nombre d'infections, avec 521 cas, suivi du Chiapas avec 200 et de Sinaloa avec 65. Actuellement, l'épidémie reste active dans 32 régions de la République mexicaine et touche principalement 265 municipalités identifiées comme sources de transmission.
Le Mexique a également récemment enregistré le premier décès dû à la rougeole cette année, ce qui a conduit les autorités à recommander la mise à jour immédiate du programme de vaccination, en mettant l'accent sur les enfants de moins de seize ans. Le risque de propagation pourrait augmenter dans les semaines à venir, notamment à la rentrée, car les contacts dans des milieux fermés, comme les salles de classe, favorisent la transmission du virus.
Au Guatemala, le ministère de la Santé publique a confirmé 82 cas, dont 24 correspondent à des enfants de moins de 14 ans. Ces données renforcent l’inquiétude quant à la vulnérabilité de la population infantile, en particulier dans les zones où la couverture vaccinale est incomplète. Les autorités insistent sur une consultation précoce en cas de symptômes et sur l'importance de maintenir une surveillance épidémiologique.

Au Honduras, les autorités sanitaires ont confirmé que le ministère hondurien de la Santé (Sesal) avait signalé quatre cas suspects de rougeole, une maladie pour laquelle le pays n'a pas enregistré d'infections indigènes depuis 1997.
Le dernier cas autochtone de rougeole enregistré au Salvador remonte à 1996, bien qu'en décembre dernier, un cas importé du Guatemala ait été confirmé, survenu après la participation d'un adulte à un événement religieux. Auparavant, l'Association pédiatrique du Salvador (ASOPEDES) attribuait l'absence prolongée de rougeole à la mise en œuvre systématique du vaccin dans ce pays depuis 1973, et jusqu'à présent, aucun cas indigène n'a été signalé.

L’OMS maintient la rougeole comme l’une des principales causes de mortalité infantile dans le monde, malgré l’existence d’un vaccin sûr et efficace. La maladie se caractérise par sa transmissibilité élevée et peut entraîner de graves complications : de la diarrhée et des otites à la cécité, à la pneumonie et à l'encéphalite. Dans les populations où l’accès aux services médicaux et à la nutrition est médiocre, la mortalité peut atteindre jusqu’à 10 % des cas.
La contagion se fait par le biais de gouttelettes de salive expulsées du nez, de la bouche ou de la gorge d'une personne infectée et il est possible de contracter l'infection même deux heures après que le porteur a quitté les lieux.