Les chauffeurs de transports privés qui opèrent via des plateformes numériques ont manifesté ce vendredi sur le boulevard Suyapa, dans la capitale hondurienne, où ils ont exprimé leur rejet des opérations menées par l'Institut hondurien du transport terrestre (IHTT), qui ont conduit à la saisie de dizaines de véhicules et à l'application de sanctions économiques.
Les manifestants ont dénoncé que les actions menées par les autorités ont directement affecté les conducteurs qui utilisent leur véhicule comme principale source de revenus, c'est pourquoi ils ont exigé la création de mécanismes réglementaires permettant le fonctionnement légal de ce type de service.
Selon les représentants du secteur, au moins 30 véhicules ont été récemment saisis à Tegucigalpa, une situation qui a suscité l'inquiétude de ceux qui travaillent dans le domaine des applications numériques et des services de transport exécutif.

Au cours de la manifestation, les chauffeurs ont souligné qu'en plus de la rétention des unités, ils s'exposent à des amendes pouvant atteindre 11 mille lempiras, ainsi qu'à des périodes de confiscation pouvant s'étendre sur plusieurs mois, affectant leur capacité à générer des revenus et à remplir leurs obligations économiques.
L'un des participants à la manifestation, Miguel Escoto, a déclaré que les conducteurs respectaient les exigences d'identification et de documentation requises par les plateformes numériques, c'est pourquoi ils considèrent comme injustes les mesures adoptées par les autorités.
Les chauffeurs ont insisté sur le fait que leur activité représente un travail alternatif pour des centaines de Honduriens qui cherchent à gagner un revenu de manière honnête et à offrir une option de transport supplémentaire aux utilisateurs.

La protestation intervient au milieu d'un débat qui dure depuis plusieurs années concernant la régulation des services de transport privés offerts à travers des applications technologiques.
Les autorités de l'IHTT soutiennent que toute unité qui transporte des passagers doit disposer d'une concession ou d'un permis accordé par l'État pour opérer légalement sur le territoire national. Cette disposition est prévue dans la loi sur les transports terrestres et constitue la base utilisée pour justifier les opérations d'inspection actuellement menées dans différentes régions du pays.
Les inspecteurs de l'institut ont réaffirmé que les opérations ne sont pas dirigées exclusivement contre les taxis VIP ou les plateformes numériques, mais contre tout mode de transport fonctionnant sans l'autorisation correspondante.
Selon l'IHTT, l'objectif est de garantir que toutes les unités qui transportent des passagers répondent aux exigences établies par la loi et fonctionnent dans des conditions réglementées par l'État.

Les manifestants estiment que la législation actuelle ne répond pas à la réalité du transport moderne et ont demandé au gouvernement d'établir des mécanismes permettant de réglementer cette activité sans affecter ceux qui en dépendent économiquement.
Parmi les propositions avancées figurent la création de permis ou d'identifiants spéciaux permettant d'identifier les conducteurs qui travaillent via des plateformes numériques, ainsi que la définition d'un cadre juridique spécifique pour ce type de service.
Les chauffeurs assurent qu'ils sont disposés à se conformer aux exigences de sécurité, à l'examen des documents et aux contrôles administratifs, à condition qu'il existe un moyen légal leur permettant de continuer à fonctionner.
De même, ils soutiennent que de nombreux utilisateurs préfèrent ces services pour des raisons telles que le confort, la disponibilité et la sécurité, c'est pourquoi ils estiment nécessaire d'ouvrir des espaces de dialogue entre les autorités, les transporteurs et les entreprises technologiques.

Durant la journée de protestation, plusieurs participants ont prévenu qu'ils pourraient intensifier leurs actions s'ils ne reçoivent pas de réponse des autorités.
Parmi les possibilités évoquées figurent de nouvelles manifestations et l'éventuelle suspension du service dans différentes villes du pays comme mesure de pression pour obtenir l'ouverture d'une table de négociation.
Parallèlement, l'IHTT mène des opérations d'inspection et de contrôle dans différents secteurs de Tegucigalpa et d'autres régions, arguant que son obligation est de faire respecter les réglementations en vigueur.
Le conflit remet sur la table le débat sur l'avenir des services de transport par application au Honduras, un secteur qui continue de croître et exige une réglementation qui équilibre la concurrence, la sécurité des utilisateurs et le respect de la législation nationale.
Pour l'instant, les conducteurs et les autorités maintiennent des positions différentes sur la question, tandis que des centaines d'utilisateurs observent attentivement le développement d'un débat qui pourrait définir l'avenir du transport privé à travers les plateformes numériques dans le pays.