L'armée américaine a annoncé lundi avoir mené une attaque contre un navire dans l'est de l'océan Pacifique, une action qui a entraîné la mort de deux trafiquants de drogue présumés et d'un survivant.
Le Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM) a précisé que l'opération avait été menée sur un bateau qui, selon ses données de renseignement, empruntait des itinéraires connus pour le trafic de drogue. Une vidéo diffusée sur le compte officiel SOUTHCOM en x montre l'explosion du bateau.
Après l'attaque, les autorités américaines ont demandé aux garde-côtes de lancer une opération de recherche et de sauvetage visant à localiser le seul survivant. Selon le communiqué, le navire a été identifié comme faisant partie d'opérations de trafic de drogue illicite.
Cette action fait partie du plan Lanza del Sur, mis en œuvre par l'administration de Donald Trump depuis septembre de l'année dernière. Depuis, les États-Unis ont mené plus de 36 attaques contre des navires suspects dans les eaux internationales.
Le nombre de morts suite aux attentats à la bombe contre des navires soupçonnés de trafic de drogue dans les eaux des Caraïbes et du Pacifique s'est élevé à 130, comme l'a confirmé le commandement Sud début février. Ce chiffre inclut les victimes directes et les personnes présumées mortes après avoir disparu en mer.
Selon le Pentagone, 120 personnes sont mortes immédiatement au cours des opérations et dix autres sont considérées comme disparues et présumées mortes après avoir sauté à la mer ou n'avoir pas été localisées lors des opérations de sauvetage.
Cette attaque est la troisième du genre depuis la fin de l'année dernière et également la troisième après la capture du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro lors d'un raid américain sur Caracas le 3 janvier. Maduro et son épouse ont ensuite été transférés à New York, où ils font face à des accusations de trafic de drogue.
La campagne militaire a débuté par le déploiement de navires et d'avions dans la région et s'inscrit dans le cadre de la pression exercée par Washington sur le Venezuela et la Colombie pour lutter contre les cartels latino-américains, considérés par la Maison Blanche comme des « narcoterroristes ».
Le président Donald Trump a défendu la politique d’attentats et a assuré lors du Forum économique mondial de Davos que « près de 100 % des drogues entrant par voie maritime ont été stoppées ». Dans une autre déclaration, il a affirmé qu'il s'agissait d'une « escalade nécessaire » pour mettre fin au trafic de drogue et a déclaré : « Nous sommes en conflit armé avec les cartels ».

Au Congrès américain, les législateurs démocrates ont poussé des initiatives visant à limiter la capacité du président à ordonner de nouveaux attentats à la bombe, mais la majorité républicaine les a bloquées et a défendu la légalité de l'opération. Dans le même temps, les critiques de la campagne remettent en question son efficacité et soulignent le manque de preuves publiques sur les liens entre les navires attaqués et le trafic de drogue.
Début février, le Pentagone confirmait un total de 37 attentats à la bombe, faisant 128 morts ou disparus. L’administration américaine affirme qu’elle maintiendra ses attaques préventives dans les eaux internationales sous prétexte de protéger la sécurité nationale et de couper les routes maritimes du trafic de drogue.