Des milliers de Guatémaltèques sont descendus dans la rue lundi, au milieu d’un environnement de troubles électoraux qui dure depuis près d’un mois, pour exiger le respect de la démocratie du pays après les actions fiscales et judiciaires contre l’un des deux partis qui se rendront au second tour des élections présidentielles et contre le Tribunal suprême électoral.
La contestation rejette la judiciarisation du processus électoral, face aux tentatives du Procureur de dont le chef, Bernardo Arévalo, concourra pour la présidence du pays le 20 août contre la candidate de droite Sandra Torres. Le remplaçant du président, Alejandro Giammattei, sortira du second tour.
Depuis lundi matin, plusieurs groupes de médecins, d’étudiants, de travailleurs ou de militants sillonnent la zone un de la capitale guatémaltèque en portant des pancartes de protestation de manière pacifique. Les manifestants ont annoncé qu’ils se réuniraient devant le siège du bureau du procureur guatémaltèque pour manifester leur mécontentement face à leurs actions et à celles des tribunaux du pays, qui, selon eux, mettent en danger la fragile démocratie guatémaltèque.
L’une des demandes les plus répétées dans les manifestations qui ont surgi après les élections du 25 juin est la démission de pour avoir considéré qu’elle est celle qui dirige la judiciarisation du mouvement Seed.
Le rejet était également dirigé contre le gouvernement et le président. « Mythomane, corrompu, médiocre et pillard, Alejandro Giammattei ; s’ingère dans le processus électoral, avec Miguel Martínez [amigo íntimo del presidente y ex funcionario de gobierno]avec son procureur et ami, le procureur d’impunité Consuelo Porras », a protesté Sergio Morataya, l’un des manifestants.
Le Bureau du procureur spécial contre l’impunité, dirigé par le procureur Rafael Curruchiche, très proche de Porras, a obtenu le soutien d’une ordonnance du tribunal pour du mouvement Seed, alléguant qu’il a été constitué en parti avec des irrégularités présumées dans la collecte des signatures des affiliés.
Le ministère public a ouvert une enquête et au cours des deux dernières semaines, le juge Fredy Orellana a ordonné à deux reprises la perquisition du Tribunal suprême électoral et a émis un mandat d’arrêt contre l’autorité qui en est chargée, malgré les injonctions provisoires accordées par la Cour constitutionnelle (CC).
Le plus haut tribunal du pays et a déclaré que, conformément à la loi sur les partis électoraux et politiques, le statut juridique d’une organisation politique ne peut être suspendu pendant le déroulement du processus électoral, mais qu’il laissait la voie libre au bureau du procureur pour poursuivre une enquête pénale contre les membres du parti.
Malgré le fait que le CC ait déclaré que Semilla ne pouvait pas être suspendu, le juge Orellana a ordonné l’arrestation d’un responsable du TSE pour ne pas avoir exécuté sa décision de justice. Le parti politique a demandé la révocation du magistrat considérant que son intérêt et sa partialité dans l’affaire ont été exposés, mais il a refusé de se retirer.
Sous la loupe US
Porras et Curruchiche ont été sanctionnés en 2021 par le département d’État américain pour atteinte à la démocratie et entrave à la lutte contre la corruption. Orellana a été placée sur la liste des sanctions en juillet 2023.
Ce même lundi, par l’intermédiaire d’un haut fonctionnaire, l’importance de permettre à un second tour d’élections de se dérouler sans ingérence.
Arévalo concourra pour la présidence avec la droite Sandra Torres, comme annoncé par le TSE le 12 juillet, puisque la loi guatémaltèque stipule que si personne n’atteint 50% des voix, il y aura un second tour entre les deux candidats les plus votés. Aucun des 22 duos n’a obtenu une majorité suffisante pour l’emporter en un seul tour.
Le tribunal dans l’officialisation du résultat des élections, en raison des recours en justice présentés par les partis perdants et qui ont été acceptés par la Cour constitutionnelle. Celle-ci a autorisé une deuxième revue des registres ayant recueilli les votes, qui s’est finalement terminée par la vérification par le TSE qu’il n’y avait pas de changements significatifs qui modifieraient les résultats obtenus.
Ce même 12 juillet, une heure avant le TSE officiellement ceux qui allaient aux urnes, le procureur Curruchiche a annoncé dans une vidéo qu’il engageait des poursuites pénales contre Semilla, pour des événements survenus en 2017 et 2018.
Quelque 9,3 millions de Guatémaltèques sont appelés aux urnes le 20 août pour élire le président.