La promotion de la femme dominicaine dans le domaine éducatif n’a pas réussi à effacer les différences de revenus ni à garantir l’égalité d’accès aux espaces de pouvoir.
Parmi les principales conclusions, l'étude indique que 63,7% des étudiants universitaires sont des femmes. Cependant, cet avantage académique ne se traduit pas sur le marché du travail. Le chômage touche particulièrement les femmes instruites : 89 % des femmes au chômage ont fait des études secondaires ou supérieures ; Dans le milieu universitaire, on compte 54 751 femmes au chômage contre 16 708 hommes.
Les inégalités salariales sont accentuées dans le secteur informel. Les hommes reçoivent 140,1 RD$ par heure, tandis que les femmes reçoivent 102,8 RD$. Cette différence génère un écart mensuel de près de 8 000 RD$, limitant l'autonomie économique des travailleurs.
En termes d’accès au pouvoir, les femmes ont connu des revers. La représentation des femmes dans les ministères du pouvoir exécutif est tombée à 13 % en 2025, la valeur la plus basse des trois dernières périodes gouvernementales.
Même si les partis ont augmenté la présence numérique des femmes à leurs postes de direction, les postes stratégiques restent sous domination masculine. En général, les femmes sont nommées dans les domaines sociaux et sont éloignées des postes dotés d'un plus grand pouvoir de décision.

Au niveau communal, la présence féminine est plus visible dans les communes, où elles atteignent 41,2%. Cependant, leur arrivée dans les bureaux du maire est limitée, ce qui confirme l'existence de plafonds de verre dans la politique locale.
Bien que les femmes dominicaines soient en tête des statistiques de l'enseignement supérieur et aient progressé dans la sphère publique, l'OPD-FUNGLODE souligne que les inégalités salariales, le chômage qualifié et la faible représentation aux postes de pouvoir constituent des obstacles à la réalisation d'une réelle égalité en République Dominicaine.
Le rapport aborde également la situation de la santé et de la sécurité reproductive. Les grossesses adolescentes ont diminué, passant de 32 061 cas en 2019 à 11 961 en 2025. Le phénomène reste cependant un problème structurel, notamment dans les provinces frontalières, où l'incidence dépasse 24 %.

La mortalité maternelle reste une préoccupation. Entre 2016 et 2025, 1 969 femmes sont décédées de causes liées à la grossesse ou à l'accouchement, mettant en évidence une augmentation au cours de la dernière année et une forte proportion de victimes de nationalité haïtienne.
La violence sexiste persiste. Selon le Bureau du Procureur général, 736 féminicides ont été enregistrés entre 2016 et septembre 2025, avec une croissance au cours des trois dernières années. Les données collectées par l'OPD-FUNGLODE portent même ce chiffre à 809 cas.
Sur le plan financier, le rapport souligne que les femmes affichent des taux de défaut inférieurs (1,4%) à ceux des hommes (2%), ce qui indique une gestion plus prudente de la dette.

Cependant, bien qu’ils représentent 49 % des débiteurs, ils ne représentent que 33 % du montant total dû, ce qui reflète les difficultés d’accès à des crédits plus importants et d’accumulation de capital dans des conditions égales.
L'étude détecte un changement dans la structure familiale : dans 64% des ménages, le chef revient à une femme, surtout dans la tranche d'âge de 30 à 39 ans. Ce phénomène témoigne de transformations sociales et de nouvelles formes de leadership féminin dans l'environnement domestique.
Flor Esmirna Batista Polo, Anacely Gómez et María Teresa Morales Nolasco, auteurs du rapport, avertissent que les résultats quantitatifs en matière d'éducation ou de présence institutionnelle des femmes ne suffisent pas.
L'OPD-FUNGLODE souligne l'urgence de politiques publiques globales qui visent la réduction du travail non rémunéré, l'équilibre travail-vie personnelle et l'élimination des barrières culturelles, comme moyen fondamental pour parvenir à une plus grande égalité des sexes en République dominicaine et combler l'écart entre le capital éducatif des femmes et leur accès effectif au pouvoir et aux ressources économiques.