Les ministres des Affaires étrangères du Venezuela et de la Guyane aborderont les accords sur l’Essequibo au Brésil

Les ministres des Affaires étrangères du Venezuela et de la Guyane se réunissent ce jeudi à Brasilia, dans le cadre des accords conclus à la fin de l’année dernière lors d’une réunion au cours de laquelle les dirigeants des deux pays ont abordé les tensions croissantes sur le territoire d’Essequibo.

À la mi-décembre, les présidents du Venezuela et du Guyana, Nicolás Maduro et Irfaan Ali, se sont abstenus d’aggraver tout conflit ou désaccord, de menacer ou de recourir à la force, résolvant le différend conformément au droit international, notamment à l’Accord de Genève de 1966.

En outre, ils ont convenu de créer une commission mixte de chanceliers et de techniciens qui se réunit pour la première fois pour discuter de questions mutuellement convenues.

La réunion, qui se tiendra au Palais Itamaraty, réunira les ministres des Affaires étrangères du Venezuela, Yvan Gil, et de la Guyane, Hugh Todd, selon un communiqué du ministère guyanais des Affaires étrangères.

Seront également présents le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira ; des représentants du Secrétaire général des Nations Unies ; les gouvernements de Saint-Vincent-et-les Grenadines, dans l’exercice de la présidence de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), et de la Dominique, qui exerce la présidence de la Communauté des Caraïbes (Caricom).

« Le gouvernement brésilien apprécie l’engagement du Guyana et du Venezuela dans le processus de dialogue en cours, facilité par les acteurs et mécanismes régionaux. Cela met également en évidence l’esprit d’intégration qui anime les pays d’Amérique latine et des Caraïbes en vue de consolider la région en tant qu’espace de paix, de coopération et de solidarité », indique un communiqué du ministère brésilien des Affaires étrangères.

Après la réunion du 14 décembre, le président guyanais a prévenu que le différend frontalier « n’est pas en discussion », arguant que le différend est en cours. (CIJ), l’organisme vers lequel la Guyane s’est tournée pour se prononcer sur la validité de la sentence arbitrale de Paris de 1899 et dont la compétence pour résoudre le différend n’est pas reconnue par l’État vénézuélien, une position entérinée lors d’un référendum consultatif organisé le 3 décembre.

La controverse historique sur Essequibo, un territoire d’environ 160 000 kilomètres carrés riche en ressources naturelles, s’est aggravée ces derniers mois, après que le gouvernement guyanais a lancé des appels d’offres pétroliers dans des zones en cours de délimitation.

Le Venezuela défend l’Accord de Genève de 1966 qui prévoit une résolution à l’amiable « d’une manière acceptable pour les deux parties » comme mécanisme permettant de résoudre la controverse.

La Guyane, de son côté, insiste sur la validité de la sentence arbitrale, qui a cédé le territoire à la Grande-Bretagne alors qu’elle maintenait encore la Guyane comme colonie, mais le Venezuela la considère comme « nulle et non avenue ».

L’État vénézuélien doit présenter, le 8 avril 2024, devant la CIJ, un contre-mémoire pour défendre son pouvoir sur Essequibo, mais on ignore encore comment il procédera après la dans lequel, selon le pouvoir électoral, plus de 10 millions de Vénézuéliens ont rejeté la compétence de la CIJ dans le différend et ont soutenu l’incorporation de ce territoire en tant que nouvel État vénézuélien.