Les soldats dissidents ont exigé que les forces armées cubaines ne répriment pas ceux qui protestent contre la crise économique et sociale

Au milieu d'une crise économique et sociale qui dure depuis des années à Cuba et après la capture au Venezuela de Nicolas Maduro (un des principaux partisans de la dictature de La Havane), le général Rafael del Pino, représentant du Mouvement cubain des objecteurs de conscience militaires (MOC), a publié une déclaration adressée aux forces armées cubaines et au ministère de l'Intérieur dans laquelle il rejette l'usurpation de la souveraineté nationale par le GAESA (SA Business Administration Group, le conglomérat d'affaires contrôlé par le dictature à travers les forces armées qui gèrent des secteurs clés de l'économie) et dans lequel il a appelé les militaires à ne pas réprimer les citoyens qui manifestent en raison de la crise humanitaire que traverse le pays.

Le message, diffusé dans un contexte de tensions sociales et politiques croissantes, s'adresse principalement aux membres des forces armées cubaines et à l'opinion publique nationale et internationale.

Le texte indique que l'armée cubaine a juré de défendre la souveraineté nationale et de ne pas prêter allégeance à l'oligarchie liée au GAESA (SA Business Administration Group). Selon Del Pino, la souveraineté réside dans le peuple et non dans un groupe sélectionné qui, affirme-t-il, « s’est approprié la souveraineté de Cuba ». La déclaration prône une transformation du système actuel vers « une société ouverte et démocratique, fondée sur des lois et une économie de marché libre « avec tous et pour le bien de tous » ».

Del Pino a averti les militaires que, dans le cas où ils recevraient l'ordre de réprimer les manifestations citoyennes, ils devraient rejeter ces directives et « tourner leurs armes contre ceux qui donnent ces ordres et contre ceux qui sont prêts à y obéir ». L'ancien général a souligné que les véritables traîtres au pays seraient ceux qui attaquent le peuple au nom d'intérêts oligarchiques et non ceux qui refusent de réprimer les mobilisations pacifiques.

Dans sa déclaration, del Pino fait une référence historique en évoquant la collaboration des mambis cubains avec les Cavaliers rugueux par Theodore Roosevelt en 1898, pendant la guerre hispano-cubaine-nord-américaine. Dans ce contexte, il exprime que le MOC est prêt à tendre la main aux États-Unis et à d’autres pays s’ils décident de « protéger avec leur force militaire les protestations populaires de la force brutale de l’État mafieux ».

Le message se termine par un avertissement aux membres des forces armées : ceux qui attaqueront le peuple cubain au service de l’oligarchie GAESA seront considérés comme des « traîtres au pays, à sa souveraineté et à son indépendance ». Del Pino conclut que « l’heure est aux définitions », exhortant les militaires à prendre parti dans le contexte actuel du pays.

Un blocus de rue

Après la capture de Nicolas Maduro, l'administration de Donald Trump a durci sa position en annonçant la fermeture de l'approvisionnement de Cuba en pétrole vénézuélien. Selon un message publié par Trump sur ses réseaux sociaux, « Il n'y aura plus de pétrole ni d'argent pour Cuba ! : Zéro ! », renforçant l'avertissement qu'il avait réitéré la semaine précédente sur l'effondrement imminent du gouvernement cubain et suggérant que le départ de Maduro représente un coup dur pour La Havane. Informations publiées par Le New York Times indique que le pétrole brut vénézuélien, une fois reçu par le régime cubain, était en grande partie réexporté vers la Chine afin d'obtenir des revenus en devises. L'accord bilatéral entre La Havane et Caracas, en vigueur depuis 2006, établit que le Venezuela paie avec du pétrole les services professionnels fournis par l'État cubain. À la mi-2025, les données officielles indiquent qu'environ 13 000 médecins cubains travaillaient au Venezuela, en plus des formateurs, des enseignants, des militaires et des services de renseignement envoyés par La Havane dans le cadre de la coopération entre les deux pays.