l’histoire de la réfugiée nicaraguayenne et psychologue Ceshia Ubau

Ceshia Ubau, chanteuse de 26 ans née au Nicaragua, est émue par les problèmes que vivent ses compatriotes au Costa Rica, où elle aussi est réfugiée depuis cinq ans.

« Migrer signifiait non seulement passer d’un pays à un autre, mais aussi entrer dans l’âge adulte un peu soudainement et sans ordonnance. J’ai appris à me débrouiller tout seul, à chercher mes opportunités et à les recevoir quand elles se présentent à moi », confie Ubau à la.

Et son état l’a amenée à établir une empathie avec des personnes dans la même situation, explique-t-elle. C’est donc à travers sa musique qu’il tente de faire passer un message pour « panser les plaies » que cause le « deuil de l’immigration ».

Ubau, qui en plus d’être chanteuse est psychologue, explique qu’elle utilise la musique comme outil de communication pour rendre visible différentes réalités sociales.

« Je chante beaucoup pour pouvoir renforcer la cohésion du peuple nicaraguayen au Costa Rica et me sentir progressivement de plus en plus partie prenante de cette société. J’ai le sentiment que ce que j’ai fait a été d’essayer d’unifier ou de contribuer à l’unification des deux sociétés pour en faire partie et prévenir différents types de violence ».

Au Costa Rica, où se trouve Ubau, il y a plus de 209 000 réfugiés nicaraguayens de 2018 à 2023, selon les données officielles.

La chanteuse nicaraguayenne Ceshia Ubau. Photo : Donaldo Hernandez, VOA

Collaboration avec le HCR

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a reconnu le soutien apporté par Ubau à travers la musique au Costa Rica.

En effet, cette année, elle a été invitée à un concert organisé dans le cadre de la Journée mondiale des réfugiés, où elle a interprété plusieurs de ses chansons devant un public comprenant des Nicaraguayens.

« Je sens que quelque chose qui caractérise mes chansons et que j’essaie toujours, c’est que l’espoir soit présent. Migrer ou demander refuge n’est pas facile, que vous l’ayez fait volontairement ou involontairement. Cela implique un duel, migrer est un duel, quitter son territoire est un duel. Ce que je recherche avec mes chansons, c’est pouvoir nous faire sentir proches et réveiller la force intérieure que portent tous les êtres humains », explique-t-il.

L’auteur-compositeur-interprète a produit deux albums : « Con los ojos del alma », de 2017, qui comprend quinze chansons sur lesquelles elle a travaillé au Nicaragua et la plupart étaient intitulées « Luz » et publiées l’année dernière.

« C’est un hommage à mes ancêtres, à mes racines et comme je l’ai dit dernièrement dans mes concerts, mes manières d’aimer la vie, de mettre ce don de la musique à la société au service », conclut Ubau Molina, qui a étudié la musique à l’École de Música Heitor Villalobos, à Managua, depuis l’âge de 5 ans.