La Mission d'observation électorale de l'Organisation des États américains (OEA) a exhorté ce samedi les autorités honduriennes à accélérer le contrôle des élections générales tenues dimanche dernier, après plus de 18 heures sans progrès dans la publication des résultats.
L'appel de l'OEA intervient dans un contexte d'incertitude, avec un résultat extrêmement serré et sans explications officielles sur l'arrêt du décompte.
La mission dirigée par Eladio Loizaga a souligné la nécessité de « rationaliser le processus de contrôle, en garantissant des mesures de traçabilité qui garantissent la certitude des résultats ». L'organisation internationale a souligné que, malgré les retards, ses observateurs ont vérifié que la différence entre les principaux candidats est minime, ce qui accroît les tensions dans ce pays d'Amérique centrale.
« En même temps, la MOE/OEA considère qu'il est impératif que les autorités électorales garantissent pleinement que les étapes ultérieures du processus, y compris le volume élevé de dossiers non encore comptabilisés, la phase de contrôle spécial et la phase de contestation, soient réalisées avec une totale clarté, une efficacité maximale et sans aucun type de retard », ajoute le communiqué de l'agence. Et il conclut : « La MOE/OEA continuera à intervenir dans le pays, en observant le développement du processus avec son autonomie reconnue ».
Le scrutin, effectué par le Conseil national électoral (CNE), est arrêté depuis vendredi après-midi, selon les informations officielles. Avec 88,02% des votes traités, Nasry « Tito » Asfura, du Parti national, arrive en tête avec 1.132.321 voix (40,19%), suivi de près par Salvador Nasralla, du Parti libéral, qui compte 1.112.570 voix (39,49%). Rixi Moncada, candidate du Parti Liberté et Refondation (Libre) au pouvoir, occupe la troisième place avec 543.675 voix (19,30%).
Selon les données du CNE, sur les 16 858 procès-verbaux examinés jusqu'à présent, 14 451 sont considérés comme « corrects », tandis que 2 407 présentent des « incohérences », ce qui pourrait conduire à un recomptage vote par vote. Par ailleurs, 2 571 dossiers sont encore en attente d'entrée dans le centre de calcul, sur un total de 19 152. Cette situation a suscité l'inquiétude des électeurs et des partis politiques, qui exigent transparence et rapidité dans le processus.
Des rapports d'irrégularités ont marqué la journée. Salvador Nasralla, candidat du Parti libéral, a dénoncé l'existence de « graves incohérences et erreurs » dans plus de 5 000 registres électoraux et a demandé au CNE un « examen approfondi », qui pourrait inclure une vérification individuelle des votes. Nasralla a déclaré sur ses réseaux sociaux que son équipe possède 100% des records physiques et que, selon ses propres calculs, il aurait gagné les élections. Cependant, les données officielles le placent en deuxième position, avec un écart resté stable depuis jeudi précédent.
Au milieu de la tension, Nasralla a appelé au calme et a rappelé que le délai pour demander la révision des procès-verbaux expire le 29 décembre, conformément à la réglementation électorale. Par ailleurs, le CNE, composé de représentants des partis National, Libéral et Libre, n'a pas donné d'explications sur l'interruption du décompte, une situation qui se reflète sur le site Internet de l'organisation.
Ces élections générales, les douzièmes depuis le retour à la démocratie en 1980 après près de deux décennies de régimes militaires, revêtent une importance particulière pour le Honduras. Les citoyens ont élu président, trois personnes nommées par le président (vice-présidents), 298 maires, 128 députés pour le Parlement local et 20 pour le Parlement centraméricain, dans un processus qui met à l'épreuve la solidité du système électoral hondurien.
Le cadre juridique actuel donne au corps électoral jusqu'à 30 jours à compter du jour du scrutin pour publier les résultats définitifs, une période qui maintient la société hondurienne en haleine jusqu'à ce que le contrôle final soit résolu.