Le Secrétariat général de l'Organisation des États américains (OEA) a appelé au respect des résultats des élections au Guatemala, où le peuple guatémaltèque a élu démocratiquement Bernardo Arévalo de León comme président du Guatemala. La déclaration de l'organisation internationale intervient dans un contexte d'escalade des tensions politiques, avec de nouvelles tentatives judiciaires pour suspendre le parti Mouvement Semilla, la force politique qui a porté Arévalo à la présidence lors des élections de 2023.
Dans sa position officielle, l'OEA a souligné la légitimité des élections au Guatemala et l'importance de maintenir le respect du mandat populaire. L'organisation a indiqué qu'elle « suit de près » les derniers événements dans le pays et a ajouté qu'elle « reste vigilante » quant aux éventuelles répercussions sur le cadre démocratique et institutionnel de la nation centraméricaine. L'OEA s'est dite convaincue que les acteurs guatémaltèques contribueront à préserver la stabilité et le dialogue institutionnel.
Le contexte de cet appel international est marqué par la récente décision du juge pénal Fredy Orellana, qui a ordonné au Tribunal électoral suprême (TSE) du Guatemala de suspendre à nouveau le mouvement Semilla et de déclarer vacant le poste présidentiel occupé par Arévalo. Cette résolution répète les actions antérieures du même juge, suscitant des inquiétudes quant à la menace qui pèse sur le processus démocratique au Guatemala et à la possibilité d'une crise institutionnelle.

Après les mesures judiciaires, Bernardo Arévalo a transmis un message sur le réseau national. « Nous appelons la communauté internationale à ne pas détourner son attention du coup d'État qui devrait être perpétré en ce moment même au Guatemala », a déclaré le président, soulignant la gravité de la situation. En outre, Arévalo a formellement demandé une réunion extraordinaire de l'OEA en vertu de la Charte démocratique interaméricaine, arguant qu'il était confronté à une tentative de « coup d'État » de la part des secteurs judiciaires et du ministère public guatémaltèque.
La suspension controversée du Mouvement Semilla et la tentative d'annuler la présidence d'Arévalo coïncident avec les sanctions internationales imposées au juge Orellana et à la direction du Ministère Public (MP), dirigée par la procureure générale Consuelo Porras. Les États-Unis et l’Union européenne interdisent à ces fonctionnaires d’entrer sur leur territoire en raison d’allégations de corruption et d’abus de pouvoir.
L'OEA a réitéré dans son message qu'elle maintient une communication active avec les autorités du pays et soutient les efforts visant à renforcer la démocratie et à protéger l'ordre constitutionnel au Guatemala. L'organisation a souligné qu'elle resterait attentive à l'évolution des événements et prête à apporter son soutien pour éviter une escalade du conflit politique.

Bernardo Arévalo a été élu en 2023 au milieu d'une campagne basée sur la lutte contre la corruption. Sa victoire était inattendue pour une grande partie de l'électorat et des analystes, puisque les sondages le plaçaient à la huitième place avant le premier tour des élections. Depuis le début de son mandat, Arévalo et le Mouvement Semilla ont été la cible de diverses actions en justice et tentatives de blocus institutionnel, mettant à l'épreuve la résilience du système démocratique guatémaltèque.
La crise actuelle a activé la vigilance de la communauté internationale, qui observe de près l'évolution du conflit entre le secteur judiciaire et le gouvernement élu. Divers gouvernements et organisations ont exprimé leur inquiétude quant à la vulnérabilité de l’État de droit au Guatemala et au risque d’ébranlement de la volonté populaire.
Le soutien de l'OEA et son appel au respect sans restriction des résultats électoraux marquent un point crucial dans la défense de la démocratie au Guatemala. La continuité institutionnelle et le respect de la décision électorale restent des enjeux centraux face aux défis judiciaires et politiques auxquels le pays est confronté à ce moment clé de son histoire.