A quatre mois du début de la campagne présidentielle au Brésil, les principaux candidats intensifient leurs manœuvres pour conquérir l'électorat. Dans ce contexte, Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro développent des actions différenciées pour surmonter les taux de rejet élevés auxquels ils sont confrontés, selon les dernières enquêtes.
Le président parie sur des propositions économiques visant à alléger la dette des familles et associe les problèmes récents à des facteurs externes.
L'équipe de communication du Parti des Travailleurs (PT) prépare le lancement d'un programme visant à réduire les dettes, une action qui comprendrait l'utilisation du Fonds de Garantie du Temps de Service (FGTS) à cet effet.
En outre, l'administration de Lula concentre son discours sur l'impact international sur les prix du carburant, attribuant cette augmentation à la guerre au Moyen-Orient. Le secrétaire à la communication du PT, Éden Valadares, a soutenu que « la hausse des prix du carburant dans le monde est causée par une guerre déclenchée par Trump » ; et a souligné que les Bolsonaros sont des alliés du président américain.
Un autre axe central de la stratégie de Lula da Silva consiste en la défense de la « souveraineté nationale », notamment face aux États-Unis. Le président a rendu public son soutien au système de transfert Pix en réponse aux critiques du gouvernement nord-américain, renforçant ainsi l'image d'autonomie et de capacité à répondre aux pressions extérieures. Les médias locaux ont souligné que l'équipe de campagne considère la « souveraineté » comme une valeur appréciée par l'électorat brésilien et cherche à positionner le président comme garant de cette indépendance.
En revanche, le sénateur Flávio Bolsonaro, principale figure de l’opposition, concentre son attention sur la réduction de la résistance de l’électorat féminin et sur la création de confiance dans les marchés.
Le Parti libéral (PL) reconnaît que la famille Bolsonaro a du mal à attirer les voix des femmes, c'est pourquoi il analyse la possibilité d'incorporer un candidat à la vice-présidence. Parmi les options figurent les députés Simone Marquetto et Clarissa Tércio, ainsi que la sénatrice Teresa Cristina.
Le leader du PL à la Chambre des Députés, Sóstenes Cavalcante, a expliqué que la décision sera prise après analyse des sondages : « Nous allons évaluer tout cela pour voir qui apporte le plus », a-t-il reconnu.
La stratégie du fils de l'ancien chef de l'État Jair Bolsonaro consiste également à durcir son discours sur la sécurité, avec des propositions visant à augmenter les sanctions pour les crimes de violence contre les femmes.
Le sénateur cherche également à se rapprocher du monde des affaires et à afficher un profil libéral dans l'économie. Conformément à cet objectif, il organise des réunions avec des représentants du secteur privé et entend annoncer un nom technique pour le ministère de l'Économie, selon des sources citées par G1. Un proche collaborateur a déclaré que la campagne est orientée vers « la responsabilité fiscale, le contrôle des dépenses publiques et la création d’un environnement sûr pour les investissements ».
L'une des propositions les plus marquantes de Flávio Bolsonaro est son initiative visant à éliminer la réélection présidentielle par un amendement constitutionnel. En cas de succès, la mesure entrerait en vigueur à partir de 2030 et laisserait la voie ouverte à de nouveaux dirigeants, ce qui pourrait élargir les alliances entre partis à l’avenir. « En éliminant la réélection consécutive du président, nous cherchons à renforcer l’indépendance décisionnelle du dirigeant », a-t-il soutenu.
Le déploiement de stratégies par les deux candidats reflète le climat de polarisation qui caractérise la scène politique brésilienne. La campagne de Lula donne la priorité à la gestion de l'image et à l'aide économique, tandis que l'équipe de Bolsonaro opte pour une diversification des soutiens et un durcissement de ses propositions sur des questions sensibles pour la société.