Plus de 60 % des aliments disponibles dans les milieux scolaires évalués au Panama correspondent à des produits ultra-transformés, dont beaucoup sont des boissons sucrées ou des aliments à haute teneur en graisses et en sucre, selon une étude présentée par le ministère de la Santé (Minsa) qui met en garde contre la forte exposition des enfants et des adolescents à la publicité de produits malsains, tant dans les centres éducatifs que sur les plateformes numériques.
Le rapport, élaboré par le Minsa en collaboration avec le ministère de l'Éducation (Meduca), l'UNICEF et l'Institut national de santé publique du Mexique, cherche à générer des preuves pour promouvoir des réglementations limitant la publicité des aliments malsains destinée aux mineurs.
Les autorités sanitaires soutiennent que la recherche permet de comprendre comment le marketing influence les habitudes alimentaires des enfants et des adolescents, dans un contexte où les réseaux sociaux sont devenus l'un des principaux canaux de promotion de ces produits.
Selon les résultats de l’étude, les enfants et adolescents du Panama sont constamment exposés à la publicité pour les boissons sucrées, la restauration rapide et les aliments ultra-transformés, notamment dans les environnements numériques.

L'étude a révélé que plus de 92 % des mineurs utilisent le téléphone portable comme principal appareil d'accès à Internet, ce qui augmente considérablement leur exposition au marketing numérique des marques d'aliments et de boissons.
En outre, l’étude a révélé que la durée moyenne d’exposition numérique dépasse trois heures par jour, ce qui élargit la portée des campagnes publicitaires destinées aux mineurs.
Les chercheurs préviennent que la présence constante de publicités pour des produits malsains sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques influence les décisions de consommation des mineurs, surtout lorsqu'elle est combinée à des stratégies marketing conçues spécifiquement pour ce public.
Les autorités sanitaires ont indiqué que l'un des objectifs centraux de l'étude est d'identifier les facteurs qui influencent la construction d'habitudes alimentaires dès le plus jeune âge, afin de renforcer les politiques publiques visant à améliorer les environnements alimentaires dans le système éducatif panaméen.
Ces dernières années, le ministère de la Santé a promu des mesures réglementaires telles que la loi 75 et la résolution 049, visant à promouvoir des options alimentaires plus saines dans les centres éducatifs.

Cependant, les spécialistes préviennent que l'expansion du marketing numérique a généré de nouveaux défis pour les politiques de santé publique, puisque de nombreuses campagnes publicitaires destinées aux mineurs se développent sur les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et les applications mobiles, des espaces où la régulation est plus complexe que dans les environnements publicitaires traditionnels.
L'étude a également produit des données considérées comme positives par les autorités sanitaires. Selon les chercheurs, les enfants ont exprimé leur confiance dans le fait que c'est leur mère qui peut sélectionner les aliments appropriés pour leur consommation, ce qui ouvre la possibilité de renforcer les programmes d'éducation alimentaire destinés non seulement aux étudiants, mais également aux parents et aux tuteurs.
Pour le ministère de la Santé, ce résultat confirme que les stratégies d'éducation nutritionnelle doivent impliquer l'ensemble du milieu familial et scolaire, y compris les enseignants, les autorités éducatives et les soignants, dans le but de créer des environnements qui favorisent de saines habitudes alimentaires dès l'enfance.
Les autorités sanitaires ont également rappelé que le Panama est confronté à un problème croissant de surpoids et d'obésité chez les enfants et les adolescents.
Selon les données de l'Enquête nationale sur la santé, environ 37 % des enfants âgés de 5 à 14 ans sont en surpoids, ce qui signifie que près de trois enfants sur dix sont confrontés à cette condition.

Les spécialistes préviennent que l'excès de poids à un âge précoce augmente le risque de développer des maladies non transmissibles à l'âge adulte, comme le diabète, l'hypertension et les maladies cardiovasculaires, faisant de la prévention une priorité de santé publique.
Dans ce contexte, le Ministère de la Santé considère que les résultats de cette étude constituent un outil clé pour promouvoir de nouvelles politiques publiques et réglementations visant à contrôler la publicité pour les aliments malsains destinée aux mineurs.
La recherche a été menée dans 20 centres éducatifs publics, privés et périurbains de la région métropolitaine, où les chercheurs ont appliqué des enquêtes, des entretiens, une surveillance numérique et des groupes de discussion pour analyser l'environnement alimentaire auquel les étudiants sont exposés à l'intérieur et à l'extérieur du système éducatif.

L'étude a été préparée selon la méthodologie CLICK de l'Organisation mondiale de la santé, un modèle conçu pour analyser l'influence du marketing alimentaire sur les enfants et les adolescents, et a été approuvée par le comité de bioéthique du Gorgas Memorial Institute for Health Studies.
Les autorités sanitaires ont réitéré que les résultats serviront de base pour évaluer d'éventuelles réformes réglementaires, ainsi que pour renforcer les campagnes éducatives visant à promouvoir des habitudes alimentaires plus saines parmi la population infantile panaméenne.