Plus de 8 000 personnes ont retrouvé la liberté au Venezuela après le premier mois de la loi d'amnistie, selon le Parlement

Le Parlement vénézuélien a rapporté que plus de 8 000 personnes ont obtenu une liberté totale au cours du premier mois de la loi d'amnistie promulguée en février.

Le bilan, présenté par Jorge Arreaza, président de la commission parlementaire de suivi, répond aux demandes de libération des membres des familles, des organisations de défense des droits de l'homme et des acteurs politiques.

Jorge Arreaza dirige la commission

Parmi eux, 7 808 ont bénéficié de mesures de précaution et 260 ont été emprisonnés avant d’avoir accès à l’allocation. Le Parlement a reçu 11 396 demandes valables, correspondant aux délits et aux délais fixés dans la réglementation.

La loi d'amnistie, approuvée par l'Assemblée nationale contrôlée par le parti au pouvoir, couvre des événements survenus au cours de treize années spécifiques entre 1999 et aujourd'hui.

Jorge Arreaza a souligné que la mesure vise à faciliter la réunification nationale et la stabilisation politique, affirmant : « Sans entrer dans des polémiques, il est évident que les résultats sont notables. Une grande contribution à la réunification nationale ».

Malgré l'annonce des libérations, les autorités n'ont pas publié la liste officielle des bénéficiaires. Ce manque de transparence a amené Volker Türk, haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, à réitérer sa demande d'accès au registre. Les organisations civiles avertissent que cette opacité affecte les familles et entrave le contrôle citoyen.

Volker Türk a revendiqué la publication

Le texte juridique exclut expressément les personnes impliquées dans des opérations militaires, des crimes de corruption, des homicides et des violations graves des droits de l'homme.

Le rapport des organisations Justicia, Encuentro y Perdón (JEP) et Alerta Venezuela affirme que la loi « fonctionne comme un mirage de stabilisation » et projette l’image d’une « table rase » sans s’attaquer aux causes de la persécution politique.

Cinquante organisations et militants vénézuéliens ont demandé la création de tribunaux itinérants dans différentes régions du pays afin que les bénéficiaires de la loi d'amnistie puissent gérer leurs procédures sans avoir à se rendre à Caracas.

Le pasteur Richard Puentes embrasse

Dans une déclaration adressée à la Commission parlementaire de suivi, ils ont demandé qu'il soit recommandé à la Cour suprême de justice d'installer ces tribunaux régionaux et ces guichets, sur la base de la Constitution et de la législation judiciaire en vigueur, qui permettent la formation d'instances mobiles face aux barrières géographiques ou économiques.

Certaines ONG ont demandé à la Cour

Les organisations ont fait valoir que les coûts de transport depuis 20 États jusqu'à la capitale peuvent dépasser 120 dollars par personne, ce qu'elles considèrent comme un obstacle excessif à l'exercice d'un droit qui devrait être accessible et gratuit. Ils ont averti que cette limitation affectait particulièrement ceux qui cherchent à bénéficier des avantages de l’amnistie, rendant difficile un véritable accès à la justice.

En guise de contexte, ils ont souligné que la mise en place de tribunaux à compétence nationale et le déploiement d'unités mobiles ont permis, selon les chiffres officiels, de servir plus de 177 mille personnes en 2024, d'effectuer plus de 21.299 procédures judiciaires au cours d'un trimestre de 2025 et d'activer 130 tribunaux itinérants dans 116 municipalités, démontrant l'efficacité de ces mécanismes pour élargir l'accès judiciaire dans le pays.