Polémique au Chili : le parti de Franco Parisi défend sa décision de ne pas communiquer le nombre de militants ayant voté lors de sa consultation numérique

Le Parti populaire (PDG), dirigé par l'économiste Franco Parisi, a défendu mardi la consultation numérique organisée dimanche pour définir sa position lors du second tour, après avoir reçu des critiques de la part de l'opposition et du parti au pouvoir – et même de l'un de ses députés élus – pour avoir appelé à un vote nul et avoir ensuite refusé de préciser le nombre de militants qui y avaient participé.

Il convient de rappeler que Parisi a remporté 19,80% des voix au premier tour présidentiel et est arrivé à la troisième place – devançant de loin le libertaire Johannes Kaiser (13,94%) et la lettre du Chili Vamos, Evelyn Matthei (12,44%) -, devenant ainsi ipso facto dans la « chérie » de la politique chilienne, puisqu’elle a assuré qu’elle ne soutiendrait ses 2 550 770 voix ni à la candidate officielle, Jeannette Jara, ni au leader républicain, José Antonio Kast, qui se présentera au second tour le 14 décembre et qu’elle a appelé à « gagner les voix ».

Ainsi, la consultation numérique de dimanche a montré que 78% de ses adhérents voteront nul ou blanc au second tour, contre 20% pour le timonier républicain et seulement 2% pour le militant communiste.

« Conformément à ce vote, et dans le plein respect de la voix de nos militants, le PDG adopte l'option Null ou Blanc comme position officielle pour le second tour », a indiqué le parti dans un communiqué.

Mais en outre, ils ont refusé de divulguer combien de leurs 38 000 membres ont voté – bien que la loi ne les y oblige pas -, ce pour quoi ils ont reçu des critiques transversales.

Le ruissellement entre Kast et

C’est ce qu’ont souligné du côté de la droite des représentants comme le député Henry Leal (UDI), qui a affirmé que « renoncer à décider n’a jamais été une option responsable ».

« Quand un parti avec une représentation publique promeut la soustraction, cela n'affecte pas seulement un nom sur le bulletin de vote : cela affecte la manière dont nous continuons tous à construire le Chili », a-t-il critiqué.

A gauche, en revanche, la sénatrice socialiste Paulina Vodanovic a assuré que « la bonne chose serait qu'ils prennent position, car en fin de compte les partis politiques doivent être là pour guider nos militants et ne pas laisser ouverte une option comme celle des blancs, qui, je crois, n'est pas une orientation claire vers le militantisme ».

Même Pamela Jiles, députée élue par le PDG, a demandé que soient fournis les chiffres des militants qui ont voté.

« Il serait absolument nécessaire que les autorités du Parti populaire communiquent cette information à la presse dans les plus brefs délais », a-t-il déclaré, soulignant la situation interne de sa communauté.

Le PDG a obtenu 14 députés

Ce mardi, le président du PDG, Rodrigo Vattuone, a résisté aux critiques, défendu la consultation numérique et rappelé à l'ordre son tout nouveau parlementaire.

« Le député Jiles est l'un des 14 députés actuellement élus du parti, mais les décisions stratégiques du parti sont prises par moi avec la direction nationale », a-t-elle déclaré sans détour dans une interview à Radio 13cl.

Vattuone a de nouveau refusé de fournir le nombre de militants qui ont voté lors de la consultation, mais a assuré que « premièrement, pas mal de personnes ont voté, et deuxièmement, plus de personnes ont voté que n'importe quelle enquête à notre connaissance ».

« Et cela nous donne la tranquillité d'esprit et la représentativité pour être clairs sur le résultat et le faire connaître à l'opinion publique, et c'est aussi un processus interne du parti », a-t-il conclu.

L'élu Juan Marcelo Valenzuela est également du même avis, qui a rappelé qu'il est « tout à fait légitime que le parti décide de réserver cette information, car le PDG ne cherche pas à se consacrer à être un observateur public ou électoral (…) ce à quoi nous nous sommes engagés est de donner un résultat sur ce que pense la majorité du parti sur trois options », a-t-il indiqué, selon une note du Le Troisième.