Provea a exigé la levée de l'état d'agitation au Venezuela, avertissant qu'il consolidait le plan de répression

L'organisation non gouvernementale Programme vénézuélien d'action et d'éducation pour les droits de l'homme (Provea) a exigé vendredi l'abrogation de l'état de troubles extérieurs décrété par le régime chaviste au début du mois de janvier et a averti que sa validité consolide un projet qui permet d'étendre la répression et de restreindre les droits civils et politiques.

L'ONG a affirmé que l'élimination de ce chiffre est une étape indispensable pour avancer vers une véritable réconciliation et un processus de redémocratisation du pays.

Par une déclaration, Provea a soutenu que le décret approuvé autorise des pratiques contraires à la Constitution. Selon l’organisation, cette mesure donne aux forces de sécurité et aux responsables étatiques et paraétatiques « un cadre inconstitutionnel pour intensifier la répression et la persécution pour des raisons politiques ».

L'état d'agitation extérieure est un chiffre exceptionnel prévu pour des situations extraordinaires, qui permet à l'Exécutif d'adopter des mesures spéciales au nom de la sécurité nationale. Cependant, Provea a souligné que, dans la pratique, son application a entraîné la suspension ou de graves restrictions des libertés fondamentales. Parmi eux, il a cité les droits de réunion et de manifestation pacifiques, d'association, de libre expression, d'accès à l'information et de liberté d'association, qui, selon l'ONG, restent limités malgré les annonces officielles promettant une ouverture progressive.

Provea a exigé l'abrogation du

« Le décret doit être abrogé s'il existe réellement la volonté de faire avancer un véritable processus de réconciliation conduisant à la redémocratisation du pays, au respect de la Constitution nationale et à la reconstruction des institutions », a déclaré l'organisation. Pour Provea, le maintien de l’état d’exception contredit toute initiative visant à normaliser la vie démocratique et à rétablir l’État de droit.

L'ONG rappelle que le Venezuela a entamé un processus de démocratisation il y a 68 ans, après la chute de la dictature de Marcos Pérez Jiménez. Dans ce cadre, il a soutenu que la démocratie ne peut être réduite à un slogan, mais doit se refléter dans des garanties concrètes pour les citoyens.

« La démocratie n'est pas une idée abstraite, c'est un idéal qui se matérialise dans l'épanouissement quotidien de l'être humain, dans le respect de sa dignité », indique le communiqué.

Provea a également lié la situation d'urgence actuelle à une détérioration prolongée des institutions et des conditions sociales. Selon lui, la longue période de restrictions des libertés des citoyens et de non-respect des obligations de l'État en matière de droits sociaux a conduit à la crise institutionnelle la plus profonde de l'histoire moderne du pays, accompagnée de niveaux élevés de pauvreté et d'inégalités.

Les manifestants expriment leur soutien à

Le décret de choc étranger a été annoncé le jour même où les États-Unis capturaient le dictateur de la drogue Nicolás Maduro à Caracas et a été officiellement justifié comme un mécanisme visant à « protéger les droits de la population » et à garantir le fonctionnement des institutions. Cependant, l’ONG a remis en question ce discours et a soutenu qu’au lieu de renforcer les garanties, la mesure a consolidé un environnement d’exception permanente.

En parallèle, Provea a intensifié ses exigences de transparence sur la situation des prisonniers politiques. L'organisation a exigé que les autorités publient des listes détaillées des prisonniers libérés, comprenant leur identité, leur lieu de détention, leur état de santé et leurs conditions de procédure. Selon lui, le manque d'informations officielles a accru l'angoisse des membres des familles et a prolongé les situations de traitements cruels et inhumains.