Rodrigo Paz a annoncé un accord financier avec la CAF d'un montant de 3,1 milliards de dollars pour « réactiver l'économie » de la Bolivie

Le président élu de la Bolivie, Rodrigo Paz, a annoncé lundi à Panama avoir consolidé un accord financier avec la Banque de développement de l'Amérique latine et des Caraïbes (CAF) pour 3,1 milliards de dollars, visant à renforcer le développement durable du pays. L'accord vise à réactiver l'économie bolivienne, affectée par le manque de devises étrangères et la pénurie de carburant.

Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, Paz, accompagné du président de la CAF, Sergio Díaz-Granados, a déclaré que l'accord représente « le premier grand message pour la Bolivie » et vise à « réactiver l'économie nationale ». La rencontre entre les deux hommes a eu lieu dans la capitale panaméenne, où le président élu a participé aux célébrations des 122 ans de l'indépendance du Panama.

Le Bureau du Président élu a indiqué que 15 % des fonds seront décaissés dans 30 jours, ce qui « réduira la liquidité budgétaire et stimulera l’économie nationale, en plus de bénéficier à 3 millions de Boliviens ». Le reste des ressources sera exécuté au cours de la période 2025-2030, conformément aux orientations établies en concertation avec l'organisme financier régional.

Selon le communiqué officiel, le financement sera structuré autour de quatre axes principaux : le soutien à la stabilité macroéconomique, l'intégration nationale et régionale, la durabilité environnementale et la résilience aux effets du changement climatique. « La CAF accompagnera le nouveau gouvernement dans la transformation des défis structurels en opportunités concrètes de croissance durable, en renforçant la stabilité macroéconomique », indique la note de l'entité citée par le bureau de Paz.

Durant son séjour au Panama, le président élu a également rencontré les autorités locales pour entamer une nouvelle étape des relations bilatérales entre les deux pays, axées sur la coopération économique et énergétique. « Le Panama est un partenaire stratégique pour le futur développement de la Bolivie », a indiqué un communiqué de son équipe de presse.

Le voyage au Panama fait partie d'une tournée internationale que Paz a entamée la semaine dernière aux États-Unis, où il a rencontré de hauts responsables du gouvernement de Donald Trump et des représentants d'organisations multilatérales. L'objectif, selon son entourage, était de rechercher un soutien financier et politique pour faire face à la crise économique que traverse la Bolivie.

Les jours précédents, Paz a assuré qu'« il y a déjà du carburant », mais a expliqué que le principal problème réside dans la logistique pour garantir l'approvisionnement en diesel et en essence sur tout le territoire national. Le déficit énergétique est l’un des problèmes les plus urgents auxquels son administration sera confrontée, avec la baisse des réserves internationales et le déficit budgétaire.

Sur le plan politique, le président élu a pris ses distances avec les régimes de Cuba, du Nicaragua et du Venezuela, qu'il n'a pas invités à sa cérémonie d'investiture prévue le 8 novembre. Cette décision a entraîné la suspension de la Bolivie de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), un bloc avec lequel le pays a maintenu des liens pendant les près de 20 ans de gestion du Mouvement vers le socialisme (MAS).

Le voyage au Panama se forme

Avec son investiture, Paz mettra fin à deux décennies d'hégémonie du MAS au pouvoir et ouvrira une nouvelle ère politique en Bolivie. L'accord avec la CAF est présenté comme le premier signe d'un soutien international à son gouvernement et comme une tentative de stabiliser l'économie avant le début officiel de son mandat.