Six dirigeants syndicaux condamnés à 16 ans de prison pour « complot »

Six militants et dirigeants syndicaux ont été condamnés mardi, au Venezuela, à 16 ans de prison pour les crimes de « complot » et « association en vue de commettre un crime ».

Gabriel Blanco, Nestor Astudillo, Reynaldo Cortés, Alcides Bracho, Alonso Meléndez, Emilio Negrín, après avoir participé à diverses manifestations pour réclamer des revendications salariales et salariales.

A cette époque, diverses organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé le fait que les autorités vénézuéliennes avaient lancé « une vague d’arrestations sélectives » contre des travailleurs, des militants sociaux et des dirigeants de l’opposition.

Le Programme vénézuélien d’éducation-action aux droits de l’homme (Provea), l’une des plus anciennes ONG de défense des droits fondamentaux au Venezuela, a dénoncé qu’il s’agit d’une condamnation « arbitraire » et que la seule preuve à charge était de prétendues captures d’écran de WhatsApp.

« Le seul témoin de la plainte ne s’est jamais manifesté en un an et deux mois. Les combattants sociaux sont restés dans la rue pour réclamer des salaires décents au Venezuela. C’est un nouveau coup porté à la contestation sociale et à ses droits fondamentaux », a écrit Provea sur le réseau social X, anciennement connu sous le nom de Twitter.

L’association Alerta Venezuela a confirmé que « le principal témoin contre les 6 combattants sociaux, un patriote coopératif, n’a jamais comparu pour témoigner au procès ».

Les arrestations des syndicalistes ont eu lieu dans le cadre de diverses procédures entachées d’« irrégularités » qui impliquaient des perquisitions sans mandat et des arrestations arbitraires.

Pour Accès à la justice, la peine se traduit par « l’intensification » des persécutions politiques dans le pays.

Au Venezuela, la politique antisyndicale évolue progressivement vers des formes plus « répressives » et les menaces à l’exercice du droit à la liberté d’association persistent, à travers la criminalisation, les arrestations et les poursuites pénales contre les dirigeants syndicaux, a révélé une enquête de l’Observatoire régional Coalition pour la défense de la vie (ODEVIDA).

Dans sa dernière mise à jour orale présentée en mars, la Mission d’enquête internationale indépendante sur le Venezuela (FFM) a souligné qu’« après le déclin des manifestations de masse, la répression perçus comme des opposants au gouvernement » et se référaient directement au cas des six dirigeants syndicaux.

Au cours du premier semestre 2023, l’Observatoire vénézuélien des conflits sociaux (OVCS) a documenté 4 351 manifestations dans tout le Venezuela, soit une augmentation de 12% par rapport au premier semestre 2022 et précise que les droits du travail ont été revendiqués dans 3 112 des manifestations, rejetant un fonctionnaire salaire minimum équivalent à moins de cinq dollars par mois.