Une communauté paysanne équatorienne a signalé des bombardements, des actes de torture et des incendies de maisons lors d'une opération militaire.

La communauté paysanne de San Martín, située dans la paroisse de Jambelí du canton de Lago Agrio, dans la province amazonienne de Sucumbíos, a dénoncé les violations présumées des droits humains commises par des membres des forces armées équatoriennes lors d'une opération militaire appelée « Extermination totale », menée entre le 1er et le 6 mars 2026. Selon une plainte publique publiée par des organisations de défense des droits humains, les événements incluraient des bombardements dans des zones habitées par des civils, des incendies de maisons et d'actifs productifs, des actes arbitraires. arrestations, torture contre les travailleurs ruraux et menaces contre les habitants de la communauté.

La plainte a été présentée par Human Rights Alliance et comprend des témoignages d'habitants de cette communauté riveraine située à la frontière nord du pays, une zone caractérisée par sa proximité avec la Colombie et par la présence historique de dynamiques liées au trafic de drogue et aux groupes armés irréguliers. Selon le document, les actions militaires auraient été menées dans des territoires habités par des familles paysannes sans avertissement préalable de la population civile, ce qui aurait causé des dommages aux habitations, aux installations de production et aux outils de travail.

Selon le récit recueilli par les organisations qui ont préparé la plainte, au cours des opérations militaires, des coups de feu ont également été tirés à proximité des habitants qui tentaient de vérifier ce qui s'était passé, ainsi que des menaces contre les dirigeants communautaires qui ont ensuite rapporté les événements. Des témoignages indiquent que ces incidents se sont produits alors que des actions de contrôle territorial se déroulaient dans la zone.

L'Alliance pour les Droits de l'Homme

L'un des épisodes les plus graves décrits dans le document s'est produit le 3 mars, lorsque des soldats sont entrés dans une ferme communautaire et ont arrêté cinq travailleurs ruraux, dont une personne âgée. Selon la plainte, les agriculteurs ont été forcés de s'allonger par terre et battus pendant l'opération. Quatre des détenus auraient été transférés aux autorités militaires dans la ville de Lago Agrio, puis emmenés dans une base militaire où ils auraient été soumis à des actes de torture et à des traitements dégradants.

Les témoignages recueillis par les organisations plaignantes décrivent des méthodes qui incluraient des coups de fusil, des simulations de noyade, la suspension du corps, l'électrocution et des menaces de mutilation ou de mort. Selon le document, les personnes détenues auraient été libérées quelques heures plus tard dans une zone périphérique de Lago Agrio, sans avoir été placées sous les ordres d'une autorité judiciaire ou fiscale.

Un défenseur des droits humains qui a participé aux travaux de surveillance sur le site a indiqué, selon la plainte, que les témoignages recueillis décrivent des actes de torture et des traitements cruels contre les travailleurs ruraux, et que ces événements devraient donc faire l'objet d'une enquête urgente, indépendante et impartiale.

La plainte des organisations

Le document indique également que les autorités équatoriennes ont confirmé publiquement la participation des forces armées à ces opérations, qui auraient bénéficié d'un soutien international, notamment d'une coopération avec les États-Unis. Cependant, la plainte indique qu'il n'y a eu aucune information publique sur les mesures adoptées pour protéger la population civile pendant les bombardements, et qu'aucune explication n'a été fournie sur les détentions et les allégations d'actes de torture signalés.

Les organisations signataires avertissent que les communautés paysannes qui vivent dans les zones frontalières sont confrontées à des conditions structurelles qui augmentent leur vulnérabilité aux opérations militaires, notamment la dispersion des établissements ruraux, la présence limitée des institutions étatiques et la proximité géographique des territoires utilisés par les groupes armés. Ces conditions, affirment-ils, augmentent le risque de stigmatisation et d’atteintes à la vie, à l’intégrité personnelle et aux biens civils lors des opérations de sécurité.

Le document rappelle que, même dans des contextes de violence organisée ou de lutte contre la criminalité, l'État maintient ses obligations internationales en matière de droits de l'homme et de droit international humanitaire, notamment en ce qui concerne les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution dans les opérations militaires. Il est également souligné que l'interdiction de la torture constitue une norme absolue du droit international.

ARCHIVE. Les plaignants parlent de

Face à ces événements, les organisations requérantes ont demandé au Bureau du Procureur général de l'État, au ministère du Gouvernement, au ministère de la Défense et au Bureau du Médiateur d'ouvrir immédiatement une enquête indépendante et transparente sur les attentats à la bombe, les détentions et les actes de torture présumés. De même, ils ont exigé des mesures de protection pour les habitants et les dirigeants communautaires qui ont dénoncé les événements, des garanties de non-répétition et une réparation complète des maisons et des biens détruits.

En outre, ils ont appelé la Commission interaméricaine des droits de l'homme, les mécanismes des Nations Unies et la communauté internationale à surveiller d'urgence la situation à la frontière nord de l'Équateur et à demander des informations à l'État sur les opérations militaires menées dans cette zone. Selon le document, la lutte contre la criminalité organisée ne peut justifier des attaques contre la population civile ou des pratiques interdites par le droit international.