La police équatorienne a arrêté une femme sur le parking d'un centre commercial du nord de Guayaquil après avoir trouvé en sa possession une cargaison d'explosifs, un événement qui a une fois de plus sonné l'alarme sur l'utilisation de matériel détonant par des structures criminelles dans l'une des villes les plus durement touchées par la violence du pays.
L'arrestation a eu lieu dans l'après-midi du mardi 24 mars 2026, lorsque le suspect est arrivé sur le parking de l'établissement avec un sac rose contenant 40 bâtons de dynamite et environ 15 mètres de mèche, selon les rapports de police recueillis par les médias locaux. La présence du matériel a généré des moments de panique parmi les citoyens présents sur les lieux, ce qui a conduit à une alerte immédiate des autorités.
Selon la police, après avoir reçu l'avis, des unités se sont rendues sur les lieux, ont bouclé la zone et ont procédé à l'arrestation en flagrant délit. Le commandant de la zone 8, Walter Villarroel, a expliqué que l'hypothèse initiale exclut que la femme ait eu l'intention de faire exploser les explosifs du centre commercial. Selon leurs déclarations, le matériel allait être livré à un autre point de la ville, ce qui suggère une éventuelle opération logistique au sein d'un réseau criminel plus large.

La détenue a été identifiée comme étant Melany D., 23 ans, qui n'a pas de casier judiciaire, mais, selon les informations du ministère de l'Intérieur, elle aurait des liens avec l'organisation criminelle Los Lobos, l'une des bandes classées « terroristes » par le gouvernement équatorien dans le contexte du conflit armé interne déclaré en 2024 et l'une des structures les plus violentes du pays.
Le ministre de l'Intérieur, John Reimberg, a confirmé que la femme avait été interceptée avec les explosifs contenus dans un sac et a soutenu que ceux-ci étaient destinés à mener des attaques dans différents secteurs de Guayaquil. Sur les images diffusées par l'autorité, on voit des policiers manipuler le matériel saisi sur le parking du centre commercial, ce qui montre l'ampleur du risque.
La version policière comporte toutefois des nuances. Alors que le ministre suggère une utilisation possible pour des attentats, la ligne opérationnelle de la police suggère que l'explosif ferait partie d'un circuit de distribution d'activités d'extorsion ou de menaces, une pratique récurrente parmi les groupes du crime organisé en Équateur. Ces organisations utilisent des charges explosives pour intimider les commerçants ou comme mécanisme de pression territoriale.
Après son arrestation, la femme a été traduite en justice et a été mise en accusation le 25 mars. Un juge a prononcé une détention préventive contre elle pour le délit présumé de trafic illicite d'armes, d'explosifs ou de substances dangereuses, un délit qui, en Équateur, peut être puni de peines allant jusqu'à 13 ans de prison.

L'affaire se produit dans un contexte particulièrement sensible. Guayaquil, capitale de la province de Guayas, est soumise à un couvre-feu nocturne depuis le 15 mars, ainsi que d'autres provinces comme Los Ríos, Santo Domingo de los Tsáchilas et El Oro, dans le cadre des mesures adoptées par le gouvernement pour contenir l'escalade de la violence.
La situation sécuritaire en Équateur reste critique. Le pays a clôturé l'année 2025 avec environ 9.300 homicides, un nombre record qui reflète l'avancée des économies criminelles et le conflit territorial entre gangs liés au trafic de drogue. Dans ce scénario, l’utilisation d’explosifs s’est imposée comme un outil fréquent pour générer la terreur, envoyer des messages d’avertissement ou mener des attaques sélectives.
Quelques heures avant l'arrestation, un autre événement violent s'est produit à Guayaquil : des individus armés circulant à moto ont assassiné une personne et fait au moins trois blessés dans le centre-ville.