L'ONG Cristosal a lancé un « appel urgent » pour que l'examen spécial des 2 792 dossiers présentant des incohérences au Honduras soit effectué « de manière transparente, pacifique et conformément à la loi électorale ».
Cristosal a souligné, dans un communiqué publié ce vendredi, que la volonté populaire exprimée lors des élections « n'est ni négociée ni remplacée par des arrangements politiques ».
Le processus de révision extraordinaire, indispensable pour définir l'élection présidentielle serrée du 30 novembre, a débuté jeudi après plusieurs jours de retard. L'organisation humanitaire a demandé au Conseil national électoral (CNE), qui a jusqu'au 30 décembre pour proclamer les résultats définitifs, de respecter les délais et procédures prévus par la loi.
L’organisation a également exhorté les partis politiques à « agir avec responsabilité démocratique, à éviter les discours et les actions qui alimentent la confrontation ou la désinformation, et à canaliser les désaccords exclusivement par les voies institutionnelles ».
Le contrôle particulier des procès-verbaux observés a la participation d'observateurs nationaux et internationaux, dans un contexte de haute tension politique.
Les résultats préliminaires du CNE accordent jusqu'à présent 40,23% des voix au candidat Nasry 'Tito' Asfura, du Parti national et avec le soutien du président américain Donald Trump, tandis que Salvador Nasralla, du Parti libéral, obtient 39,64%. La candidate du Parti Libre au pouvoir, Rixi Moncada, qui ne reconnaît pas le processus, est troisième avec 19,13% après que 99,84% des procès-verbaux aient été traités.

Cristosal a également appelé les forces armées et la police nationale du Honduras à « s'abstenir d'intervenir » dans les conflits politico-électoraux et à agir « strictement dans le cadre de leurs pouvoirs constitutionnels ».
L'organisation rappelle que le gouvernement doit assurer le respect effectif des droits de l'homme et éviter « toute forme d'intimidation ou de répression politique » contre les citoyens.
L'entité humanitaire a souligné que, quel que soit le résultat des élections, tous les acteurs politiques sont confrontés au devoir historique de rechercher des solutions aux principaux problèmes du pays, tels que l'insécurité, la corruption, la pauvreté, les inégalités et la construction d'institutions solides avec la participation citoyenne. À cette fin, il a jugé « indispensable » de parvenir à un consensus permettant un développement économique et social durable et inclusif, fondé sur le respect sans restriction des droits de tous.
Cristosal a souligné la « maturité » dont ont fait preuve les électeurs honduriens lors des dernières élections et a réitéré son engagement à continuer de documenter les cas de violence politique dans le cadre de son travail visant à « donner une voix aux victimes, exiger justice, combattre l'impunité et aider à préserver la vérité ». Ce n’est qu’ainsi, conclut l’organisation, « qu’il sera possible au peuple hondurien d’exercer ses droits sans crainte et dans la dignité ».
Selon le rapport « La démocratie menacée » de Cristosal, publié la semaine dernière, entre septembre 2024 et le 2 décembre 2025, 67 incidents de violence politique ont été enregistrés au Honduras.
En outre, l'organisation a dénoncé jeudi dernier le fait que des membres de gangs avaient « contraint » les citoyens honduriens à voter lors des élections présidentielles du mois dernier. L'ONG a également fait état de sept meurtres liés à des violences politiques lors de la campagne électorale.