L'ONG Collectif des droits de l'homme pour la mémoire historique du Nicaragua a annoncé l'ouverture au Costa Rica du « Musée de la mémoire : ce que nous ne devons pas oublier », dédié à la sauvegarde et à la diffusion de la mémoire des « graves violations des droits de l'homme commises au Nicaragua entre 2018 et 2025 ».
L'objectif de l'exposition est de contribuer à la construction d'un avenir démocratique durable, basé sur la reconnaissance de la vérité, la dignité des victimes et le besoin de justice, de réparation et de garanties de non-répétition, comme l'explique l'organisation, composée principalement de militants nicaraguayens et basée à San José.
L'exposition se tiendra du 8 au 12 décembre, coïncidant avec la Journée internationale des droits de l'homme, célébrée chaque 10 décembre depuis l'approbation de la Déclaration universelle des droits de l'homme en 1948.
L'organisation a souligné que le Nicaragua est confronté à une longue histoire de guerres, d'impunité, d'injustices et de graves inégalités, un héritage qui perpétue des cycles de violence et de dictatures depuis des générations.
Selon les termes de l'ONG : « Face à la dictature actuelle (régime dirigé par les maris et « coprésidents », Daniel Ortega et Rosario Murillo) et à la politique officielle d'amnistie et d'oubli, le Collectif Nicaragua Plus Jamais insiste sur le fait que vaincre le passé implique de le connaître, de le décrire, d'y réfléchir et de le transmettre avec un sens civique, pédagogique et comme premier pas sur le chemin de la justice.
La proposition du Musée de la Mémoire surgit en réponse à la tentative de la dictature nicaraguayenne de « falsifier l'histoire et d'effacer les crimes contre l'humanité ».
Selon l'ONG, issue de la société civile et de l'exil, l'exposition sert d'outil pour lutter contre l'oubli et l'impunité, honorer les victimes et offrir une voix aux survivants.
L'échantillon dispose de trois sources principales d'information : la propre documentation du collectif – comprenant des rapports généraux et thématiques, des rapports de l'Observatoire contre la torture, des bases de données et des témoignages de victimes –, des rapports et des documents provenant d'autres organisations nationales et d'organismes internationaux de défense des droits de l'homme, ainsi que des enquêtes menées par des médias indépendants.
À partir de cette documentation, le Musée de la Mémoire « organise et présente au public une visite qui permet de comprendre ce qui s’est passé, comment la répression a opéré, qui en sont les responsables et quelles revendications de justice sont encore valables ».
L'exposition est divisée en quatre sections : Ce qui s'est passé au Nicaragua et son impact ; stratégies de répression; les auteurs – qui comprend une liste de 126 personnes identifiées par les victimes et les organisations de défense des droits humains –, les témoignages et la voie de la justice.
Le musée ouvrira ses portes dans les locaux de l'Institut interaméricain des droits de l'homme (IIDH) à San José et proposera des visites guidées à partir du 9 décembre, sur inscription préalable en ligne.