Les proches des prisonniers politiques détenus au centre pénitentiaire El Rodeo I ont dénoncé devant les instances internationales une série d'événements extrêmement graves qui compromettent gravement la vie, l'intégrité personnelle et la santé mentale des personnes privées de liberté.
Selon les informations recueillies par l'Observatoire pénitentiaire vénézuélien (OVP), les détenus sont soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants qui vont au-delà des châtiments corporels et cherchent délibérément à les briser psychologiquement par le recours systématique à la peur et à l'intimidation.
Selon des témoignages recueillis, des gardiens de prison ont directement menacé de mort des prisonniers politiques, les avertissant qu’en cas d’éventuelle intervention militaire étrangère au Venezuela, ils seraient les premiers à mourir, les désignant explicitement comme des « boucliers humains ». Ces menaces surviennent dans un contexte précédemment documenté d’isolement, de punition collective et d’incommunication prolongée.
L'observatoire prévient que ces pratiques s'accompagnent de restrictions arbitraires et répétées sur les visites familiales, la réception de colis, les soins médicaux adéquats et les contacts avec les avocats de la défense, ce qui viole directement les normes internationales sur le traitement des personnes privées de liberté.

À cette situation s’ajoute une pratique particulièrement alarmante : le refus officiel de garde. Même si de nombreuses familles savent avec certitude que leurs proches sont détenus à El Rodeo I, les autorités pénitentiaires nient formellement que ces personnes soient détenues dans ledit centre. Cette conduite ne constitue pas une erreur administrative, mais plutôt une pratique systématique qui empêche une vérification indépendante, entrave les recours judiciaires urgents et place les détenus dans un vide juridique délibéré.
Le refus de garde de personnes privées de liberté, combiné à une détention au secret prolongée, à des menaces de mort et à l'absence totale d'informations officielles aux membres de leur famille, constitue un signe d'avertissement extrême. Dans ce contexte, de telles pratiques peuvent constituer une disparition forcée, avec un risque réel de torture et d'exécutions extrajudiciaires, conformément aux normes du droit international des droits de l'homme.

Face à ces événements, l'Observatoire des prisons vénézuéliennes a indiqué qu'il activait des actions internationales devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme, rappelant que depuis 2008, cette cour a émis des mesures provisoires en faveur de toutes les personnes privées de liberté dans les centres pénitentiaires Rodeo I et II, en raison de la situation d'extrême gravité et du risque de dommages irréparables à la vie et à l'intégrité personnelle.
Les organisations et les familles appellent de toute urgence les Nations Unies, en particulier le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et les procédures spéciales, à adopter des mesures de protection immédiates, à exiger des informations officielles vérifiables sur la situation des détenus et à garantir le respect sans restriction de leurs droits fondamentaux.
Enfin, les proches s'interrogent sur la persistance d'actes de cruauté contre des personnes arbitrairement détenues qui, selon le droit international, devraient être pleinement libres, surtout dans une période de l'année marquée par le regroupement familial et la protection renforcée de la dignité humaine.