Le Panama rapporte qu’une société minière canadienne pourrait déposer des demandes d’arbitrage

Le ministère du Commerce et de l’Industrie (MICI) a rapporté dimanche que la société minière canadienne First Quantum Minerals Ltd., Minera Panamá SA et Franco Nevada Corporation ont envoyé au gouvernement panaméen deux avis d’intention de déposer des demandes d’arbitrage.

Selon le communiqué du MICI, ces demandes d’arbitrage seront présentées devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements dans le cadre de l’accord de libre-échange entre le Panama et le Canada.

« Le Panama affirme qu’il a respecté toutes ses obligations en vertu du droit international et du droit panaméen et qu’il est prêt à défendre les intérêts des citoyens nationaux », indique le bref communiqué du MICI.

Jusqu’à présent, First Quantum n’a pas fait de commentaire à ce sujet. Alors que cette annonce arrive, la Cour suprême de justice du Panama est en session permanente depuis trois jours pour déterminer si la loi 406 du contrat minier est constitutionnelle ou non.

SOT : La Cour suprême de justice du Panama reste en session permanente.

El fallo de inconstitucionalidad del contrato entre el Estado y Minera Panamá, traerá un respiro a la población y preparará mejor al país frente a los arbitrajes internacionales, dicen los analistas que han dado seguimiento a más de un mes de protestas, cierres de carreteras y paralización du pays.

Il y a 10 plaintes d’inconstitutionnalité déposées contre la loi 406, cependant, la Cour suprême du Panama n’a débattu que les deux premières qui ont été admises pour des raisons d’économie de procédure et selon la règle de l’article 2566 du Code judiciaire.

El contrato minero fue aprobado por el Consejo de Gabinete el 10 de octubre de 2023, presentado a la Asamblea Nacional el 16 de octubre, y aprobado en tercer debate, sancionado por el presidente Laurentino Cortizo y promulgado en Gaceta Oficial el 20 de octubre, todo le même jour.

Un contrat qui a généré la pire crise des 30 dernières années

Le Panama est confronté depuis plus d’un mois à une crise considérée comme la plus grave depuis la dictature militaire des années 1980, selon les analystes.

Les Panaméens exigent que le gouvernement mette fin à la loi contractuelle qui permet à Minera Panamá d’extraire et de vendre du cuivre et d’autres minéraux pendant 20 ans, avec la possibilité d’une prolongation de 20 ans supplémentaires.

Les manifestations qui ont débuté sur les réseaux sociaux au début de cette année, animées par des jeunes et des militants anti-mines, se sont étendues dans les rues de tout le pays.

Selon les dirigeants civils, ce contrat accorde trop d’avantages et de pouvoirs à Minera Panamá, qui extrait du cuivre sur une superficie de 12 955 hectares située dans le corridor biologique mésoaméricain, une zone qui fait office de pont naturel entre l’Amérique du Nord et le Sud. Amérique, et qui contient entre 7 et 10 % des espèces connues dans le monde.

Selon les écologistes, les dégâts causés par la mine sont incalculables. Des vues aériennes ont montré une vaste zone autrefois boisée, aujourd’hui rasée et fouillée.

En outre, les opposants au contrat rejettent le fait que la société minière gère l’eau pour son fonctionnement, dans un pays qui a besoin de liquide pour la consommation humaine et pour son canal interocéanique, qui souffre déjà de sécheresse.

De son côté, le président Laurentino Cortizo a défendu le projet minier, assurant qu’il créait quelque 10 000 emplois directs et versait à l’État un minimum annuel pour la concession de 375 millions de dollars.

Minera Panamá, pour sa part, assure que son activité a contribué à 5% du produit intérieur brut du Panama en 2021 et que l’investissement dans la mine dépasse les 10 milliards de dollars. L’entreprise a indiqué que les exportations en 2022 s’élevaient à 2,850 millions.

Bien que Cortizo, sous la pression de la population, ait adopté une loi qui établit un moratoire minier, pour la majorité, la véritable solution à cette crise est la décision d’inconstitutionnalité de la Cour suprême de justice.

Cette crise a fait plus de 1 000 personnes détenues au Panama, quatre morts et plus de 1,7 milliard de dollars de pertes, affectant particulièrement le secteur agricole du pays.

Le gouvernement Cortizo fait face à cette crise quelques mois seulement avant la fin de son mandat présidentiel, puisqu’en mai 2024, ce pays de 4,5 millions d’habitants élira ses nouvelles autorités.