Le Venezuela reste l’épée « dégainée » pour assurer la « dignité » nationale après avoir « retiré » dimanche « une partie des moyens aéronavals vers leurs bases », a déclaré mardi le ministre de la Défense Vladimir Padrino López.
Son commentaire sur le réseau social
Padrino a déclaré que « compte tenu du départ du navire de guerre britannique HMS « Trent » des eaux contestées », le président Nicolás Maduro a ordonné de passer à « une nouvelle phase de l’exercice d’action conjointe Sifontes ».
Pour sa part, le commandant stratégique opérationnel des Forces armées nationales (FANB), Domingo Hernández Lárez, a expliqué que pendant la « nouvelle phase » de l’opération, les forces militaires effectueront « des missions de patrouille et de ravitaillement dans les zones intérieures ».
En réponse à l’arrivée du navire, 28 avions et 16 bateaux, entre autres machines, pour ces exercices.
La Guyane a insisté sur le fait que l’arrivée du navire « ne représente une menace pour personne » et qu’elle s’engage à maintenir des « relations pacifiques » avec le Venezuela.
Maduro, qui considérait auparavant l’arrivée de « Trent » comme une provocation et une menace de la part du Royaume-Uni, a déclaré lundi dans une interview diffusée par la chaîne d’État VTV que « nous traversons un moment de turbulences ».
« La Guyane n’agit pas comme la République coopérative de Guyane, elle se comporte comme la « Guyana britannique », acceptant qu’un navire de guerre se dirige vers ses côtes et menace depuis ses côtes le Venezuela », a poursuivi le président vénézuélien.
Londres avait répondu plus tôt que les manœuvres vénézuéliennes étaient « injustifiées et devaient cesser ».
Le « HMS Trent », qui opère habituellement en mer Méditerranée, s’était déjà déployé début décembre dans les Caraïbes pour lutter contre le trafic de drogue.
« Nous resterons vigilants »
« Nous resterons alertes et vigilants contre toute provocation tout en espérant que seront respectés les accords d’Argyle, qui sont aujourd’hui sans aucun doute un gage de paix dans la région », a insisté dimanche Padrino sur le réseau social, en référence à l’accord signé en décembre. Le 14 décembre dernier, lors d’un premier face-à-face entre Maduro et son homologue guyanais, Irfaan Ali.
Maduro et Ali se sont engagés à ne menacer ni à recourir à la force « en aucune circonstance » et à se revoir dans les trois prochains mois.
La controverse historique entre les deux pays au sujet d’Essequibo, un territoire d’environ 160 000 kilomètres carrés riche en ressources naturelles, s’est aggravée après que le gouvernement guyanais a lancé des appels d’offres pétroliers dans des zones en cours de délimitation.
Le Venezuela a mené une le 3 décembre, Maduro a ensuite annoncé une série de mesures, dont la création d’une zone militaire, et le Parlement vénézuélien a approuvé lors de la première discussion une loi organique pour la création de l’État Guayana Esequiba sur le territoire contesté.
Le Venezuela défend le de 1966 qui prévoit une résolution à l’amiable « d’une manière acceptable pour les deux parties » comme mécanisme pour résoudre le différend.
La Guyane, pour sa part, insiste sur la validité de la sentence arbitrale qui a cédé le territoire à la Grande-Bretagne alors que celle-ci maintenait encore la Guyane comme colonie, que le Venezuela considère comme « nulle et non avenue ».
L’État vénézuélien doit présenter un contre-mémoire à la CIJ le 8 avril 2024 pour défendre son pouvoir sur Essequibo.