Ils demandent à Maduro de meilleurs salaires, retraites et conditions de travail

Des éducateurs, des travailleurs et des retraités pauvres de l’administration publique du Venezuela ont manifesté ce mardi dans plusieurs États du pays pour demander des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail, frappé par l’une des inflations les plus élevées au monde et par une crise récurrente.

« Je survis parce que j’ai une famille, pas grâce au salaire », a-t-il déclaré au journal. Damelys Yégüez, 74 ans, lors d’une manifestation à Caracas devant le ministère public.

Yégüez a consacré la moitié de sa vie à enseigner dans la plus importante université publique du pays et voit aujourd’hui son salaire diminuer au milieu d’une forte inflation qui,selon les estimations privées de l’Observatoire vénézuélien des finances (OVF).

« Un salaire décent, un droit humain », a scandé une femme présente à l’appel. « Fini les salaires de misère, l’Etat viole nos droits », pouvait-on lire sur une banderole tenue par un autre manifestant.

Au Venezuela, le salaire minimum de base, de 130 bolivars, n’atteint pas aujourd’hui 4 dollars par mois au taux de change officiel. Et le gouvernement n’a pas augmenté ses revenus depuis mai 2022, alors qu’ils représentaient environ 30 dollars.

Le minimum n’impacte que sur l’administration publique, puisqu’elle a cessé depuis quelque temps d’être une référence dans le secteur privé.

« S’ils veulent des enseignants dans les écoles et des infirmières dans les hôpitaux, ils doivent augmenter les salaires », a prévenu Ana Rosario Contreras, présidente de la Faculté d’infirmières de Caracas.

Bonus

Le président Nicolas Maduro, qui impute constamment la crise aux sanctions internationales, complète les revenus par des primes, qui n’ont aucun impact sur les prestations du travail, d’environ 70 dollars.

« Nos pensions ne suffisent plus à manger et les belles qu’ils nous donnent, sans compter que ce que nous voulons, c’est un salaire décent », a poursuivi Yégüez, même s’il n’attend aucune amélioration.

Selon les experts, dans sa tentative de ralentir l’inflation, le gouvernement a commencé à « contenir » les augmentations du salaire minimum dans le cadre d’une stratégie de contrôle des dépenses publiques visant à contenir le déficit budgétaire.

Depuis un an, les fonctionnaires réclament que leurs salaires soient dollarisés et assimilés au coût du panier alimentaire, qui dépasse 500 dollars par mois.

Et Irma Madriz, une infirmière à la retraite de 62 ans qui était également présente à la manifestation, accompagne cette demande. « Qu’ils soient indexés sur le coût du panier alimentaire, qu’on puisse payer nos services de base, tout ça (…) parce que le salaire ne vaut rien. »

Le Centre de documentation et d’analyse sociale de la Fédération vénézuélienne des enseignants (Cendas-FVM) a déclaré en décembre qu’un enseignant doit gagner l’équivalent de 24,2 fois son salaire moyen – 21,57 dollars par mois – pour accéder au panier alimentaire de base – calculé pour une famille représentative de cinq personnes –, dont le coût en novembre était de 522 dollars.

Une autre manifestation est prévue le 15 janvier, lorsque la « Journée des enseignants » est célébrée dans le pays.