Le Venezuela connaît une « étouffement » en raison de la persécution, de la répression et de la censure du gouvernement de Nicolas Maduro après les élections présidentielles du 28 juillet. Cela a été dénoncé par plusieurs organisations internationales.
((Carlos Lauría, directeur exécutif de l'Association interaméricaine de la presse))
Depuis le 28 juillet, plus de 2 400 personnes, dont au moins 120 adolescents et 9 professionnels de la presse, ont été arrêtées, selon des organisations de défense des droits humains.
Beaucoup de ces arrestations ont été enregistrées dans des vidéos comme celle-ci.
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Les disparitions forcées et les détentions arbitraires « sont devenues la nouvelle norme » au Venezuela, déclare Provea, l'une des organisations de défense des droits humains du pays.
Mais comment et pourquoi la situation déjà dégradée s’est-elle ainsi aggravée ?
((Nicolás Maduro, président du Venezuela)) ((Date : 2 août 2024))
((Nicolás Maduro, président du Venezuela)) ((Date : 4 août 2024))
Nicolás Maduro a été déclaré vainqueur et ratifié comme tel lors des élections, mais l'opposition soutient qu'il y a eu fraude, basée sur des milliers de relevés électoraux qui démontreraient que le candidat de l'opposition, Edmundo González Urrutia, aurait obtenu beaucoup plus de voix que Maduro.
Des observateurs internationaux, un panel de l'ONU et même un recteur du Conseil national électoral du Venezuela ont dénoncé des irrégularités dans le processus. Des dizaines de pays ont remis en question les résultats, y compris des gouvernements alliés de Maduro comme le Brésil et la Colombie.
Les manifestations spontanées dans les rues ont été réprimées et le président Maduro a ordonné l'arrestation et l'emprisonnement des manifestants pour incitation présumée à la haine, comme le stipule une loi formulée par le parti au pouvoir.
((Roberta Clarke, Secrétaire exécutive de la Commission interaméricaine des droits de l'homme)) **Date : 28 août 2024))
Selon Human Rights Watch, « la vague actuelle de détentions arbitraires au Venezuela semble être sans précédent dans l'histoire récente du pays ».
En un mois, le gouvernement vénézuélien a également renforcé le blocage des portails numériques et restreint la grille des plateformes.
Mais à qui s’en prend le gouvernement ?
((Nicolás Maduro, président du Venezuela))
La cible de la persécution ne se limite plus aux dirigeants politiques ou aux membres de la presse, mais s'étend à d'autres sphères : les habitants des quartiers populaires, les témoins électoraux ou toute personne exprimant des doutes sur les résultats officiels qui ont donné la victoire à Maduro.
((Témoin des élections de l'opposition))
((Roberta Clarke, Secrétaire exécutive de la Commission interaméricaine des droits de l'homme)) **Date : 28 août 2024))
La leader de l'opposition María Corina Machado, détenue depuis un mois par crainte d'être arrêtée, a été vue à plusieurs reprises à la tête de manifestations dans la capitale.
A un mois des élections, Machado assure que « la coordination entre les forces internes et externes » pourrait amener un changement.