Le procureur général du Costa Rica a présenté une accusation officielle contre le président Rodrigo Chaves pour sa participation présumée à des crimes de financement politique illicites, dérivé de sa campagne électorale en 2022.
La plainte est également dirigée contre six hauts fonctionnaires, dont le vice-président Stephan Brunner, le ministre des Affaires étrangères Arnoldo André et quatre députés officiels du Parti de progrès social démocratique (PPSD): Pilar Cisneros, Luz Mary Alpízar, Paola Nájera et Waldo Agüero. Le bureau du procureur a demandé à la Cour suprême de justice de la levée de la juridiction constitutionnelle de traduire les sept accusés.
Le cœur de l'accusation réside dans l'utilisation de structures de financement parallèles qui fonctionnaient en dehors des mécanismes de contrôle établis par le code électoral costaricien. Selon le ministère public, une fiducie privée et des comptes bancaires personnels ont été utilisés – parmi eux celui d'une femme nommée Agüero, qui fait face à un processus pénal indépendant – pour financer pleinement la campagne qui a conduit Chaves à la présidence. Ces mécanismes, selon le bureau du procureur, ont échappé à la supervision de la Cour suprême des élections et du trésor du parti politique, violant les principes de légalité, de transparence et de publicité qui régissent le financement électoral dans le pays.
L'accusation se produit dans un contexte de tension croissante entre les pouvoirs de l'État. Depuis qu'il a assumé le poste, Chaves a maintenu un discours de confrontation contre le Congrès, la Cour suprême et le bureau du procureur lui-même, qu'il accuse d'expliquer son programme de réforme. Pour leur part, les dirigeants de ces organes ont mis en garde contre ce qu'ils considèrent comme des tendances autoritaires dans la gestion du président.

Ce n'est pas le seul processus judiciaire auquel le président est confronté. Le 7 avril, le procureur avait déjà présenté une autre accusation devant la Cour suprême de cours de préjudice de pouvoir. Dans ce cas, il est chargé d'avoir favorisé un ancien collaborateur grâce à des ressources à partir d'un contrat financé avec des fonds internationaux. Le tribunal n'a pas encore décidé s'il admet ce dossier.
La nouvelle accusation pour le financement électoral illégal pourrait impliquer des condamnations entre deux et quatre ans de prison, à condition que les magistrats de la Haute Cour décident d'augmenter le procès après la levée de l'immunité. Pour ce faire, le tribunal doit envoyer l'affaire à l'Assemblée législative, qui doit voter le renvoi de la juridiction de l'accusé, un processus qui pourrait encore resserrer l'équilibre institutionnel déjà délicat.
Jusqu'à présent, le gouvernement Chaves n'a pas émis de commentaires sur l'accusation. Le président et économiste de la formation de 64 ans, a basé son leadership sur une image dure et combat ce qu'il appelle les «pouvoirs traditionnels». L'ancien responsable de la Banque mondiale, il ne peut pas être élu en 2026, mais a laissé ouverte la possibilité de concurrencer une banque législative. Son environnement, quant à lui, projette déjà une majorité qualifiée au Congrès comme objectif électoral pour approfondir ses réformes.
Les prochaines élections générales au Costa Rica sont prévues pour février 2026.