Entre 2 000 et 3 000 soldats de l'armée équatorienne arriveront ce 10 octobre à Quito en provenance de Manta et Guayaquil pour renforcer les opérations de sécurité dans la capitale du pays. La mobilisation fait partie du plan préventif des forces armées contre les appels de la Confédération des nationalités indigènes de l'Équateur (Conaie) et d'autres organisations à intensifier les protestations contre la suppression de la subvention au diesel.
Selon les informations officielles publiées par l'institution, du personnel militaire, ainsi que des moyens aériens et terrestres, ont été déployés dans le but de « préserver la sécurité dans toute la capitale de l'Équateur ». Ce déplacement a été confirmé par le responsable de la communication de l'armée, qui a précisé qu' »environ 2.000 à 3.000 militaires arrivent dans la ville. C'est un chiffre approximatif ».
Le contingent se concentrera sur la plateforme Petroecuador, à l'aéroport Mariscal Sucre, où l'on attend l'arrivée des groupes tactiques qui resteront dans la ville en raison de la possibilité que des manifestants tentent d'entrer depuis différentes provinces.

Le déploiement s'effectue dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales. Le ministre de la Défense, Gian Carlo Loffredo, a prévenu cette semaine que les forces armées « ne permettront pas aux mobilisations d'atteindre Quito » et que les actions du bloc de sécurité seront menées « avec fermeté et dans le respect de la loi ». Dans les déclarations à TéléamazonesLe responsable a insisté sur le fait que la grève nationale promue par Conaie « cherche à créer le chaos et à détruire » et que le gouvernement « maintiendra le contrôle de l'ordre public pour protéger la libre circulation des citoyens ».
Loffredo a souligné que l'État est confronté à des « menaces de destruction » et a souligné que l'Exécutif soutient pleinement l'action militaire pour défendre l'ordre. « Personne ne prend Quito, nous n'allons pas permettre cela », a-t-il souligné en faisant référence aux appels à déplacer les manifestations vers la capitale. Selon le ministre, les Forces armées restent en coordination avec la Police nationale pour garantir l'approvisionnement en nourriture et en médicaments, ainsi qu'éviter les blocages sur les principales routes du pays.
Le gouvernement a renforcé son discours de contrôle et de stabilité face aux mobilisations qui durent depuis plus de deux semaines. Loffredo a assuré que les policiers en uniforme « travaillent avec responsabilité et respect des droits de l'homme » et que leur objectif est d'éviter des affrontements qui pourraient conduire à de nouveaux épisodes de violence. « Si les Équatoriens veulent travailler, ils ont besoin de moyens rapides. C'est notre mission », a-t-il déclaré.

Le déploiement militaire répond également aux avertissements des groupes sociaux qui ont annoncé de nouvelles concentrations à Quito pour les prochains jours. Les autorités sécuritaires affirment que les incidents enregistrés ces derniers jours, comme l'attaque contre la caravane présidentielle à Cañar, que le ministre a qualifiée d'« acte de terrorisme », confirment le risque d'infiltration d'acteurs violents. « Nous sommes vigilants face à tous ces dirigeants qui appellent à la violence », a ajouté Loffredo.
Le bloc de sécurité a été chargé de maintenir dégagées les voies d'accès à la capitale et de contrôler d'éventuelles sources de troubles à l'ordre public. Les forces armées ont réitéré qu'elles ne permettront aucun acte de vandalisme ou de destruction de biens publics ou privés.
Même si l’Exécutif n’a pas déclaré un nouvel état d’exception – après le revers de la Cour constitutionnelle –, la présence militaire à Quito s’est visiblement accrue depuis le 8 octobre, avec des patrouilles dans les secteurs stratégiques et des contrôles aux entrées nord et sud de la ville. Les autorités soutiennent qu'il s'agit d'une mesure dissuasive, mais ce déploiement montre le niveau d'inquiétude des autorités quant à la possibilité d'une escalade de la grève dans la capitale, théâtre historique des principales manifestations du pays, comme celle d'octobre 2019 ou celle de juin 2022.