La Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a qualifié lundi de « fausse propagande » l'annonce du régime vénézuélien de mettre fin « immédiatement » à tout « accord, contrat ou négociation » pour fournir du gaz naturel à son pays, dans un contexte de tensions régionales croissantes en raison du déploiement aéronaval des États-Unis dans les Caraïbes.
Le Chef du gouvernement a affirmé que Trinité-et-Tobago ne dépend pas du gaz naturel vénézuélien et dispose de ressources propres suffisantes pour garantir son approvisionnement. Il a en outre souligné que son pays entretient des relations pacifiques avec le peuple vénézuélien, au milieu d'un scénario régional marqué par le conflit politique et militaire entre Washington et Caracas.
« Nous n'avons jamais dépendu du Venezuela pour l'approvisionnement en gaz naturel. Nous disposons de réserves suffisantes sur notre territoire et nous travaillons intensément pour réduire les barrières bureaucratiques et accélérer les approbations des sociétés énergétiques. Le vrai problème est la bureaucratie, qui entrave notre exploration et notre production », a déclaré le Premier ministre.
Les déclarations de Persad-Bissessar interviennent après que le régime vénézuélien a annoncé l'annulation de toute liaison énergétique avec Trinité-et-Tobago, une décision présentée par Caracas dans le cadre des tensions avec les États-Unis concernant le déploiement militaire dans les Caraïbes. La dictature vénézuélienne interprète cette présence comme une menace directe pour sa stabilité politique.

En soutien à la position officielle trinidadienne, le ministre de l'Énergie, Roodal Moonilal, a également qualifié l'annonce vénézuélienne de « propagande » et a réitéré l'autosuffisance énergétique du pays des Caraïbes. Moonilal a reconnu que les infrastructures et les réserves nationales permettent de maintenir la production sans avoir besoin de conclure des accords d'approvisionnement avec le Venezuela.
Le contexte régional est traversé par la stratégie des États-Unis, qui ne reconnaissent pas la légitimité du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro et l'accusent de diriger le soi-disant Cartel des Soleils, un groupe présumé lié au trafic de drogue. Sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue, Washington a déployé depuis le milieu de l'année une présence militaire dans les Caraïbes, une initiative que le leader chaviste interprète comme une tentative de l'évincer du pouvoir.
En août, le gouvernement de Trinité-et-Tobago a exprimé son soutien à la décision américaine de déployer des « ressources militaires » dans les Caraïbes, dans des zones proches des eaux territoriales du Venezuela. Selon la position officielle trinidadienne, cette mesure répond à l'augmentation de la violence associée à la présence de « cartels terroristes de la drogue » dans la région.

De son côté, le Venezuela maintient depuis des mois une mobilisation militaire permanente sur tout son territoire. Le régime de Caracas affirme être confronté à une « menace » d'invasion de la part des États-Unis, en référence au plus grand déploiement aéronaval de ce pays nord-américain depuis la première guerre du Golfe Persique, entre 1990 et 1991.