Le nouveau chancelier de Bolivie a assuré que la crise vénézuélienne ne pourra être résolue que par une transition démocratique

Le nouveau ministre des Affaires étrangères de Bolivie, Fernando Aramayo, a affirmé que la crise vénézuélienne ne peut être résolue que par une transition démocratique soutenue par des institutions capables de perdurer au lendemain d'un éventuel départ du pouvoir de Nicolas Maduro. L'approche, formulée lors d'une visite officielle à Washington, cherche à projeter l'expérience bolivienne comme référence régionale après la fin de deux décennies de gouvernements socialistes dans ce pays andin.

Aramayo a évité de parler directement de la continuité de Maduro, mais a souligné que les processus de changement politique doivent être ancrés dans la volonté populaire et dans des cadres institutionnels solides pour éviter une plus grande fragmentation en Amérique latine. En ce sens, il a défendu que la Bolivie avait réussi à protéger ses élections et à canaliser une transition politique sans rompre l’ordre constitutionnel.

Les déclarations du ministre des Affaires étrangères interviennent dans un contexte de forte pression internationale sur Caracas. Les États-Unis restent concentrés sur le régime vénézuélien et ont ordonné ces derniers jours un blocus des pétroliers sanctionnés entrant et sortant du pays, parallèlement à leur plus grand déploiement militaire dans les eaux latino-américaines depuis des décennies.

Le nouveau président bolivien, Rodrigo Paz, cherche à capitaliser sur ce scénario pour renforcer son virage diplomatique. Après avoir remporté le deuxième tour électoral le 19 octobre, il est devenu le premier président conservateur de Bolivie depuis 20 ans, mettant fin au cycle du Mouvement vers le socialisme (MAS) dirigé par Evo Morales.

Nicolas Maduro prononce un discours

La délégation bolivienne qui s'est rendue à Washington, conduite par Aramayo et le ministre de l'Économie, José Gabriel Espinoza, a tenu des réunions avec des responsables du Département d'État et d'autres organisations pour jeter les bases d'un éventuel soutien financier. La Bolivie connaît une grave pénurie de dollars, avec un impact direct sur l’approvisionnement en carburant et la stabilité macroéconomique.

Au cours de ses premières semaines au pouvoir, Paz a réussi à réduire les longues files d'attente dans les stations-service, mais en décembre, des problèmes d'approvisionnement en diesel ont de nouveau été signalés. Le gouvernement a reconnu les difficultés d'importation de carburant dans un contexte d'affaiblissement des réserves et de pression sur le taux de change.

L’administration travaille actuellement sur un plan visant à démanteler progressivement le système de subventions aux carburants, en place depuis deux décennies. Bien qu’il maintienne les prix intérieurs parmi les plus bas de la région, ce système a drainé les ressources fiscales et encouragé la contrebande vers les pays voisins.

Aramayo a souligné que l'Exécutif espère conclure des accords d'aide financière, des échanges de dettes contre des programmes et attirer des investissements américains au cours du premier trimestre de l'année prochaine. Washington, comme il l’a expliqué, avait conditionné son soutien à des signes évidents de discipline économique et de fiabilité politique.

Le président de la Bolivie, Rodrigo

Une mission du gouvernement des États-Unis se rend cette semaine en Bolivie pour rencontrer des hommes d'affaires locaux et explorer les opportunités d'investissement et de commerce. La stratégie officielle vise à présenter le pays comme un partenaire stable à l'heure de la recomposition de la carte politique régionale.

Outre le front économique, La Paz ambitionne de gagner du poids géopolitique en profitant de ses vastes réserves de lithium et de sa situation stratégique de pont terrestre entre l'Atlantique et le Pacifique. Ce positionnement est essentiel dans un contexte de concurrence mondiale pour les minéraux critiques.

Malgré le rapprochement avec Washington, le gouvernement de paix exclut une rupture avec la Chine, principal créancier bilatéral de la Bolivie et acteur central dans les projets d'infrastructures, miniers, énergétiques et technologiques développés sous l'ère MAS. La nouvelle politique étrangère est définie, selon Aramayo, par un pragmatisme axé sur les intérêts nationaux et non par des alignements idéologiques rigides.

Le repositionnement bolivien, qui passe par un discours plus critique à l'égard de Caracas et un rapprochement avec les dirigeants conservateurs de la région, marque un changement profond par rapport à la dernière décennie. Sa viabilité dépendra à la fois du soutien extérieur qu’elle parviendra à obtenir et de sa capacité interne à gérer une transition économique socialement sensible et politiquement fragile.