L'Assemblée nationale du Venezuela, contrôlée par le chavisme, a approuvé une loi qui renforce le cadre pénal contre toute personne ou entité que la dictature de Nicolas Maduro considère liée aux blocus maritimes ou aux saisies de pétroliers.
Le texte légal prévoit des peines de 15 à 20 ans de prison, en plus de fortes amendes et de la saisie des biens, pour ceux qui « encouragent, incitent, favorisent ou soutiennent » des actions que le chavisme qualifie de « piraterie ».
Le projet permet de criminaliser tout, depuis les opinions politiques jusqu'aux liens commerciaux ou aux conseils juridiques liés aux opérations internationales qui affectent le secteur pétrolier vénézuélien.
Le président du Parlement, le chaviste Jorge Rodríguez, a annoncé la sanction de la norme en clôturant le débat.
« La loi est approuvée à l'unanimité. Par conséquent, la loi pour la protection des libertés de navigation et de commerce contre la piraterie, les blocus et autres actes illicites internationaux est déclarée sanctionnée », a-t-il déclaré.
Cette loi a été promue après les récentes opérations américaines dans les Caraïbes, au cours desquelles les forces de Washington ont confisqué des cargaisons de pétrole brut vénézuélien transportées par des navires sanctionnés.
La Maison Blanche soutient que ces navires font partie d'un réseau destiné à échapper aux sanctions en vigueur depuis 2019. Pour le régime chaviste, il s'agit cependant de « piraterie navale criminelle », une expression utilisée par Maduro pour délégitimer toute action internationale contre son industrie pétrolière en déclin.
Le dictateur de Caracas a insisté sur le fait que ces mesures visaient à son départ du pouvoir. Dans ce contexte, la nouvelle loi fonctionne comme un outil politique pour renforcer le discours officiel et punir les opposants, les hommes d’affaires ou les citoyens qui soutiennent les pressions extérieures. Des normes similaires ont déjà été utilisées pour persécuter les dirigeants critiques à l’égard du chavisme et ceux qui soutiennent les sanctions internationales.
La portée du texte ne se limite pas aux citoyens vénézuéliens. Cela inclut également les entreprises et les personnes morales qui entretiennent des relations commerciales avec l’État, ce qui étend le risque pénal aux intermédiaires, aux partenaires internationaux et aux acteurs privés.
Outre les peines de prison, la loi permet l'application de la loi sur la confiscation des domaines, qui permet à la dictature de confisquer les biens des accusés sans garanties judiciaires indépendantes.

Le député chaviste Giuseppe Alessandrello a défendu l'initiative en soulignant qu'elle vise à protéger les Vénézuéliens « des actes de prédation que le gouvernement des États-Unis commet » en mer.
Cet argument renforce la position du régime qui présente les sanctions comme une agression extérieure, sans assumer la responsabilité de l'effondrement du secteur énergétique ou de l'opacité des exportations de pétrole brut.
Le Venezuela produit près d’un million de barils par jour, soit une fraction des niveaux atteints avant la détérioration institutionnelle et économique. Sous l'embargo pétrolier, une grande partie des ventes se fait avec des rabais importants et via des circuits non transparents.
Les récentes saisies effectuées par les États-Unis cherchent à interrompre ce système, tandis que le régime répond par des lois qui renforcent la criminalisation et le contrôle de l'État.
L'approbation de cette règle intervient à la fin de la législature en cours. Le 5 janvier, une nouvelle Assemblée nationale entrera en fonction, également sous régime chaviste, ce qui confirme la continuité d'un système institutionnel sans indépendance.
Avec cette loi, le chavisme renforce un cadre juridique destiné à protéger le régime et à punir toute dissidence, interne ou externe. La concentration du pouvoir entre les mains de Nicolas Maduro et l'utilisation du Parlement comme mécanisme répressif approfondissent l'isolement du pays et montrent le rejet par le parti au pouvoir des normes démocratiques et de l'ordre juridique international.