Gabriel Boric et José Antonio Kast se sont rencontrés au Palais de La Moneda pour coordonner le transfert de commandement prévu le 11 mars et faire avancer deux projets législatifs centraux : la loi sur la Crèche universelle, qui vise à élargir l'accès aux garderies, et le nouveau Fonds pour l'enseignement supérieur (FES), destiné à remplacer l'actuel système de financement des universités.
Ces deux initiatives, prioritaires pour l’administration sortante, nécessitent des accords politiques et une viabilité budgétaire avant le changement de gouvernement.
La réunion a duré plus d'une heure et a constitué le deuxième dialogue formel entre le président sortant et le président élu.
La rencontre a eu lieu un mois après le premier contact officiel entre les deux hommes, après la victoire de Kast au second tour présidentiel du 14 décembre, au cours duquel il a battu la candidate de gauche Jeannette Jara.

Parmi les principaux axes de la rencontre, la loi universelle sur la crèche répond à une demande historique de faciliter l'intégration d'un plus grand nombre de femmes dans le monde du travail.
De son côté, la nouvelle proposition de financement des universités vise à remplacer le crédit d'État (CAE), un système mis en place en 2006 et largement critiqué pour les taux d'intérêt élevés qu'il imposait aux étudiants.
Boric, ancien leader étudiant et participant aux mobilisations de 2011, promeut la FES comme un modèle qui élimine l'intermédiation bancaire et prend en charge la totalité des frais de scolarité, contrairement au CAE qui fixe des limites de paiement pour le financement.

A la fin de la réunion, Kast a fait des déclarations à la presse dans lesquelles il a souligné l'importance d'assurer la viabilité fiscale des projets en discussion : « Pour nous, les règles budgétaires et l'état des caisses publiques sont très pertinents pour pouvoir avancer dans les projets qui sont aujourd'hui prioritaires pour le gouvernement ».
Il a en outre souligné que le progrès de ces initiatives dépend de la disponibilité budgétaire et de la volonté politique des groupes de droite et d'extrême droite, qui ont exprimé des divergences techniques.
Ces dernières semaines, Kast et le Parti républicain ont durci leur position sur plusieurs projets de loi en attente au Congrès, notamment ceux inscrits à l'ordre du jour de Boric.
ETLe président élu a annoncé qu'il annoncerait la semaine prochaine la liste de ses ministres, qui devrait inclure des personnalités de son parti et de la traditionnelle coalition de droite Chili Vamos, qui a soutenu sa candidature lors du second tour.
Parallèlement, le Parti national libertaire (PNL), dirigé par Johannes Kaiser, a annoncé qu'il ne ferait pas partie du futur gouvernement.
Cette décision intervient alors que Kast prévoit une nouvelle réunion avec Boric avant le 11 mars pour finaliser les détails du transfert administratif et garantir la continuité de la gestion publique.
Les deux équipes ont convenu de maintenir les canaux de communication ouverts au cours des semaines suivantes, dans le but de coordonner la fourniture d'informations pertinentes sur les différents portefeuilles ministériels.