La loi 508 entre en vigueur et active la coopération fiscale entre le Panama et l'Équateur

La loi 508 du 12 février 2026 a été publiée au Journal officiel numérique n° 30465, par laquelle l'accord entre le Panama et l'Équateur pour l'échange d'informations en matière fiscale devient formellement une loi de la République.

La règle a été sanctionnée par le président José Raúl Mulino le 12 février et sa promulgation marque la clôture d'un différend bilatéral qui a affecté pendant des années les relations fiscales entre les deux pays.

Le texte, préalablement approuvé par l'Assemblée nationale, valide l'accord signé le 14 août 2025 à Panama, par lequel les deux États s'engagent à échanger des informations vraisemblablement pertinentes pour l'administration et l'application de leur droit interne en matière fiscale.

L’objectif est de faciliter la perception des impôts, le recouvrement et l’exécution des créances fiscales, ainsi que l’enquête ou la poursuite des dossiers fiscaux.

Selon le contenu publié dans Gaceta, l'accord établit que les autorités compétentes pourront échanger des informations sans qu'il soit nécessaire que la partie requise ait son propre intérêt fiscal dans les données demandées.

L'échange peut être effectué sur demande, automatiquement ou spontanément, conformément aux articles qui réglementent le mécanisme.

Décret du Cabinet n°

Les informations peuvent inclure des coordonnées bancaires, des documents comptables, des structures d'entreprise et des bénéficiaires finaux, même lorsque ceux-ci sont en possession d'institutions financières.

Dans le cas du Panama, l'accord couvre tous les impôts nationaux, à l'exception des impôts municipaux et des impôts des subdivisions politiques.

Pour l'Équateur, cela comprend l'impôt sur le revenu et d'autres impôts dont la collecte correspond au gouvernement central. Par ailleurs, un cadre de stricte confidentialité est établi, limitant l’utilisation des informations exclusivement à des fins fiscales et judiciaires connexes.

L'entrée en vigueur de l'accord intervient après un processus diplomatique qui a inclus des rencontres entre le président José Raúl Mulino et le président de l'Équateur, Daniel Noboa, en 2025 et en janvier 2026.

L'Équateur a maintenu le Panama sur sa liste des paradis fiscaux, ce qui a généré des tensions bilatérales et conduit à l'adoption de mesures de rétorsion par l'État panaméen.

Après avoir signé l'accord fiscal en août 2025, le gouvernement équatorien a publié la résolution par laquelle il excluait le Panama de sa liste discriminatoire.

En conséquence, le Conseil des ministres panaméen a abrogé dans son intégralité le décret ministériel n° 13 de 2012, qui prévoyait des mesures de rétorsion contre l'Équateur. Cette abrogation a été formalisée par le décret ministériel n° 39-25 du 16 décembre 2025.

L'accord permet l'échange d'informations

Par la suite, l'Exécutif a envoyé le projet à l'Assemblée nationale, qui l'a approuvé lors du troisième débat en janvier 2026. Avec la sanction présidentielle et sa publication au Journal officiel, l'accord acquiert pleine force juridique au Panama. La loi prévoit qu'elle prendra effet dès sa promulgation.

Sur le plan économique, la normalisation des relations fiscales s'inscrit dans un contexte d'échanges commerciaux actifs entre le Panama et l'Équateur.

Au cours des dernières années, le commerce bilatéral a inclus les exportations panaméennes de services logistiques et financiers, ainsi que les importations de produits équatoriens tels que les produits alimentaires, les matières premières et les produits manufacturés.

L'élimination des mesures de rétorsion et la suppression de la liste fiscale équatorienne visent à faciliter les investissements et à réduire les frictions dans les opérations commerciales.

L'accord prévoit également des procédures claires en cas de refus de fournir des informations. Les autorités peuvent rejeter les demandes lorsqu'elles ne respectent pas les conditions convenues ou violent l'ordre public, mais elles doivent formellement justifier cette décision.

De même, une coopération technique et une assistance mutuelle sont prévues pour renforcer les capacités d'inspection.

Au Panama, l'accord s'applique

Sur le plan politique, la promulgation de la loi 508 représente l'une des étapes concrètes de l'agenda bilatéral promu par les deux dirigeants depuis 2025.

Mulino et Noboa ont tenu des réunions officielles dans le cadre de forums régionaux et de réunions bilatérales, où ils ont abordé non seulement la controverse fiscale, mais aussi la coopération économique et la sécurité régionale.

Avec sa publication au Journal officiel numérique n° 30465, l'accord cesse d'être un instrument diplomatique en suspens et devient une norme en vigueur au sein du système juridique panaméen.

La mise en œuvre pratique dépendra désormais des autorités fiscales des deux pays, qui devront coordonner les demandes, les délais et les procédures conformément aux dispositions du texte juridique.

L'approbation définitive de l'accord marque la fin d'une période pendant laquelle le Panama était inclus dans la liste fiscale équatorienne et ouvre une nouvelle étape dans la relation fiscale bilatérale.

L'échange d'informations fiscales devient ainsi un instrument formel de coopération entre les deux États, avec des implications directes pour les contribuables, les entreprises et les autorités fiscales.