Une plainte et des inspections au refuge obligent à la réinstallation de 10 jeunes sous la garde de l'État panaméen

Le Ministère du Développement Social a annoncé le transfert de 10 jeunes du Centre de Soins Intégraux (CAI) de Tocumen au Foyer María Auxiliadora de Chitré, province de Herrera, conformément à une mesure de protection ordonnée par le Procureur général de la Nation, Luis Carlos Gómez Rudy, après une inspection effectuée la semaine dernière dans ce refuge.

La décision intervient au milieu d'une enquête en cours sur des allégations d'irrégularités et de plaintes pour abus, ouverte après une visite de la Commission des Femmes de l'Assemblée Nationale, présidée par la représentante Brenes, au centre situé à Tocumen.

Cette inspection législative a donné lieu au dépôt d'une plainte formelle, qui a donné lieu à l'ouverture d'une procédure par le ministère public.

Selon le communiqué officiel du Mides, l'action répond à une mesure de protection visant à sauvegarder l'intégrité, le bien-être et les soins spécialisés des jeunes, tous majeurs et handicapés.

Le représentant Brenes a porté plainte

Le transfert a été coordonné avec le Secrétariat national à l'enfance, à l'adolescence et à la famille (Senniaf), une entité chargée de prendre en charge cette population.

Le Foyer María Auxiliadora, situé dans la province de Herrera, était inoccupé parce que sa population régulière – 23 étudiants adolescents – n'est pas scolarisée.

Les autorités ont indiqué que la mesure est temporaire, tandis qu'une solution spécialisée et multidisciplinaire est gérée en fonction des besoins des jeunes transférés.

La ministre du Développement social et présidente du Conseil d'administration du Senniaf, Beatriz Carles de Arango, s'est rendue personnellement au centre d'accueil pour vérifier les conditions de prise en charge.

Selon le communiqué, l'envoi d'une équipe médicale a été immédiatement coordonné avec le ministère de la Santé, qui a évalué chacun des jeunes après leur arrivée à Chitré.

L'Assemblée a approuvé la convocation

Le transfert s’effectue dans un contexte de pression institutionnelle croissante. La semaine dernière, le procureur général a effectué une inspection au CAI de Tocumen, suite aux plaintes présentées par le représentant Brenes.

Par la suite, le ministère public a annoncé l'ouverture d'enquêtes sur des irrégularités présumées, tandis que le conseil d'administration du Mides a réitéré son engagement à garantir l'intérêt supérieur des enfants et des adolescents sous la tutelle de l'État.

Parallèlement, l'Assemblée nationale a progressé dans le contrôle politique. Après deux tentatives infructueuses, les députés indépendants ont réussi à approuver la convocation de la ministre Beatriz Carles devant la séance plénière, pour expliquer la situation dans les refuges sous contrôle de l'État.

La date de comparution n'a pas encore été fixée, mais le questionnaire approuvé comprend 42 questions liées aux protocoles de surveillance, à l'état des infrastructures, au personnel spécialisé, aux audits internes et aux mesures adoptées à la suite de plaintes.

La Commission des Femmes

Parmi les questions que le ministre devra aborder figurent les mécanismes d'inspection des centres de protection, la coordination entre Mides et Senniaf, l'action en réponse aux alertes précoces et la garantie des droits des mineurs et des jeunes placés sous la garde de l'État.

Il doit également détailler les actions correctives mises en œuvre après l'inspection législative et l'intervention du Ministère Public. Le questionnaire approuvé va au-delà des chiffres et des statistiques consolidées, et exige des réponses sur les protocoles institutionnels existants pour interdire les punitions physiques, psychologiques et autres pratiques contraires à l'intérêt supérieur de l'enfant, ainsi que des détails sur les conditions physiques, structurelles et techniques que les refuges doivent respecter conformément à la réglementation en vigueur et combien de centres ne sont pas conformes.

Il vous est également demandé d'expliquer combien de fonctionnaires ont été évalués, sanctionnés ou démis de leurs fonctions pour mauvaise conduite présumée dans la prise en charge de mineurs, et quelles mesures spécifiques ont été adoptées pour prévenir de nouveaux cas, notamment des audits internes, une surveillance et un suivi des plaintes.

Ces dernières années, le

Le cas du Tocumen CAI s'ajoute à une série de questions sur la gestion des refuges au Panama. Les premières alertes publiques ont eu lieu après la visite de la Commission des femmes, dont les conclusions ont conduit au dépôt d'une plainte officielle.

Cette étape a marqué le début du processus judiciaire et administratif qui contrôle aujourd’hui la gestion de ces centres.

Dans sa déclaration, Mides a affirmé qu'elle promeut des actions articulées pour assurer la protection des enfants et des adolescents, ainsi que des personnes en situation vulnérable sous tutelle de l'État.

L'institution a réitéré qu'elle travaille selon une approche interinstitutionnelle pour garantir des conditions dignes et adéquates, tandis que les progrès des enquêtes et les mesures de protection adoptées sont maintenus.

La semaine dernière, la ministre du Développement social, Beatriz Carles, a effectué une inspection dans les installations du Centre de Soins Intégraux (CAI) de Tocumen accompagnée de représentants de l'UNICEF Panama, dont la directrice locale de l'organisation, Sandie Blanchet.

Au cours de la visite des zones de soins et des réunions avec le personnel des refuges, l'UNICEF a souligné la nécessité de renforcer les normes de protection et de promouvoir des environnements sûrs pour les enfants et les adolescents placés sous la garde de l'État, soulignant que tout signe d'avertissement doit faire l'objet d'une enquête sérieuse et objective pour garantir une prise en charge complète des enfants.

Le transfert des 10 jeunes représente, jusqu'à présent, la mesure concrète la plus visible adoptée après les inspections et les plaintes. Les autorités ont insisté sur le fait qu'il s'agit d'une action préventive et temporaire, en attendant les définitions administratives et judiciaires qui détermineront le déroulement définitif de l'affaire.