En 2025, 309 610 contrats de travail ont été enregistrés auprès du ministère du Travail et du Développement du travail (Mitradel). Ce chiffre représente une croissance de 11% par rapport aux 278.862 contrats enregistrés en 2024, confirmant un rebond de la formalisation du travail.
Cependant, le marché du travail panaméen n’a pas encore retrouvé ses niveaux d’avant la pandémie, alors qu’en 2019 378 495 contrats avaient été enregistrés dans tout le pays.
La comparaison est frappante. Le volume des contrats en 2025 est encore près de 69 mille inférieur au niveau atteint en 2019, ce qui montre que, malgré la reprise, l'économie ne génère toujours pas le même nombre d'emplois formels qu'avant l'impact sanitaire et la contraction économique qui en a résulté.
Sur le total enregistré en 2025, 169 113 contrats ont été définis, ce qui confirme que la modalité à durée déterminée continue d'être la principale porte d'entrée vers l'emploi formel.
Les contrats à durée indéterminée ont totalisé 78.316, tandis que 62.181 correspondaient à des travaux spécifiques, modalité liée principalement à la construction et aux projets spécifiques. Le poids majoritaire des contrats définis reflète toujours un marché du travail prudent, où les entreprises privilégient la flexibilité aux engagements permanents.

En termes de genre, 208 953 contrats ont été attribués à des hommes et 100 657 à des femmes. L'écart reste important. Les hommes représentent près des deux tiers des contrats enregistrés au cours de l'année, une tendance qui continue d'être marquée par des secteurs comme la construction, la logistique ou le commerce de gros.
René Quevedo, expert en questions de travail et conseiller d'affaires, a expliqué qu'entre 2019 et 2024, l'économie panaméenne a subi deux « chocs » : la pandémie et la fermeture de l'exploitation minière, cette dernière avec la perte ultérieure de la qualité d'investissement de Fitch Ratings en mars 2024, événements qui ont eu différents impacts sur le travail. À cela s’ajoutent trois « répliques », associées aux manifestations sociales de 2022, 2023 et 2024.
Il a indiqué que la pandémie a éliminé 407 mille emplois privés formels entre 2020 et 2021, ce qui équivaut à 47% de la masse salariale des entreprises privées enregistrée jusqu'en août 2019. En effet, il a affirmé qu'en 2020, trois emplois salariés privés sur quatre ont disparu ou ont été suspendus.

« La fermeture de l'exploitation minière et la perte de qualité d'investissement qui en a résulté par Fitch Ratings ont entraîné la destruction de 54 107 emplois formels non agricoles entre août 2023 et octobre 2024 », a souligné Quevedo.
Si les contrats affichent une croissance, un autre indicateur pertinent reflète également l’évolution du marché du travail. En 2025, 37 175 démissions ont été notifiées au siège de la Mitradel, dont 19 753 correspondaient à des hommes et 17 422 à des femmes. Les données suggèrent une dynamique active de rotation du travail, même si cela n’implique pas nécessairement une amélioration de la stabilité.
Parallèlement, le ministère a traité 18 573 demandes de permis de travail pour étrangers au cours de l'année 2025, dont 17 219 ont été approuvées.

La plupart de ces permis étaient concentrés sous le chiffre du décret 6, ainsi que dans les catégories de résidents permanents et de raisons humanitaires, ce qui reflète que le marché du travail formel maintient également une participation importante de main-d'œuvre étrangère dans des cadres réglementaires spécifiques.
Un autre élément du panorama de l'emploi est le programme My First Employment, conçu pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes à travers des stages dans des entreprises privées.
En 2025, 345 entreprises ont participé au programme, 5 737 candidats inscrits ont été inscrits et 6 360 jeunes ont été formés.
En outre, 2 780 opportunités de stage ont été générées, ce qui a donné lieu à 1 424 placements effectifs. Le programme vise à réduire les barrières liées à l'expérience auxquelles sont confrontés les jeunes récemment diplômés ou n'ayant pas d'antécédents professionnels formels.
Malgré la multiplication des contrats, la situation du plein emploi n'est pas encore définie. Le Bureau du Contrôleur général n'a pas publié les chiffres officiels du chômage et de l'informalité pour 2025, ce qui rend impossible une évaluation précise de l'impact réel du rebond des contrats formels.

Les derniers chiffres disponibles indiquent qu’en 2024, le taux de chômage était d’environ 9,5 % et l’informalité dépassait 49,3 %, des niveaux supérieurs à ceux enregistrés avant la pandémie.
Divers analystes prévoient que, même si les contrats formels ont augmenté en 2025, le ralentissement dans certains secteurs stratégiques pourrait se traduire par une augmentation du chômage ou une plus grande pression vers l'informalité, notamment dans le commerce, la construction et les activités liées à l'investissement privé.
Le comportement des contrats au cours de l'année a également montré des pics marqués en septembre et octobre, lorsque les 30 000 inscriptions mensuelles ont été dépassées, suggérant un dynamisme saisonnier. Cependant, la croissance annuelle accumulée ne parvient toujours pas à compenser le retard structurel laissé par la crise sanitaire, ni à égaler le dynamisme d’avant 2020.
Le fait clé est le suivant : le Panama crée plus d’emplois formels qu’en 2024, mais il n’a pas encore retrouvé la capacité de création d’emplois qu’il avait avant la pandémie. Le marché montre des signes de reprise, mais pas de consolidation.