La séance plénière du congrès équatorien commence le procès en impeachment contre le président du pouvoir judiciaire

Le procès en impeachment contre Mario Godoy, président du Conseil judiciaire, débutera le 18 février à 10 heures lors de la séance plénière de l'Assemblée nationale de l'Équateur, selon la convocation officielle lancée par le président du Parlement, Niels Olsen, aux 151 législateurs pour une séance en personne.

Il s’agit du premier procès en destitution au cours de la législature actuelle, qui a débuté en mai 2025. Le processus atteint la session plénière après que la Commission de surveillance et de contrôle politique a approuvé le 13 février un rapport qui recommande de poursuivre politiquement Godoy pour « inefficacité manifeste » dans l’exercice de ses fonctions.

Cinq membres de l'assemblée de la Révolution Citoyenne : Viviana Veloz, Raúl Chávez, Xavier Lasso, Liliana Durán et Franklin Samaniego, ont promu cette demande. Veloz et Samaniego feront office d'interpellants pendant la séance. L'accusation soutient que Godoy n'a pas respecté l'article 168 de la Constitution, qui établit l'obligation de garantir l'indépendance judiciaire et de promouvoir la transparence dans l'administration de la justice.

Jezdimir Srdan, l'accusé serbe

Le rapport de la Commission de Contrôle conclut que la conduite attribuée au président du Conseil judiciaire relève de la cause prévue à l'article 255, alinéa 3 du Code Organique de la Fonction Judiciaire, qui envisage la responsabilité politique pour « inefficacité manifeste », et non dans une cause générique de non-respect des devoirs. Parmi les éléments indiqués figurent des questions sur la réponse institutionnelle à la démission et les actions adoptées pour garantir la sécurité du juge anti-corruption Carlos Serrano Lucero, ainsi que des allégations d'ingérence inappropriée dans des questions juridictionnelles.

L'axe central de la polémique tourne autour de la plainte du juge anti-corruption Carlos Serrano, qui affirmait avoir subi des pressions de la part de la structure administrative du pouvoir judiciaire alors qu'il entendait une affaire de blanchiment d'argent lié au trafic de drogue. L'affaire s'est terminée par une peine de dix ans de prison contre le citoyen serbe Jezdimir Srdan, identifié par les autorités comme faisant partie d'une structure pénale internationale. Après ce jugement, Serrano a fait état de menaces, du retrait de sa sécurité policière et d'une série de décisions administratives qui, selon sa version, mettaient en danger son intégrité et celle de sa famille.

L'affaire s'est aggravée lorsque des enregistrements audio ont été diffusés dans lesquels le directeur provincial du pouvoir judiciaire de Pichincha, Henry Gaibor, est entendu demandant au juge de « prêter attention » à la défense de l'accusé. Les enregistrements, datés de novembre 2025 et divulgués par le média Primicias, sont considérés par le RC comme une indication directe d'ingérence inappropriée dans la fonction juridictionnelle. Gaibor a ensuite dû présenter sa démission, tandis que le bureau du procureur a ouvert une enquête préliminaire pour trafic d'influence présumé.

Mario Godoy et son épouse

À ce scénario s'ajoute la révélation selon laquelle Dolores Vintimilla, l'épouse de Mario Godoy, a agi en tant que défenseure du citoyen serbe pendant la phase préalable au procès, selon les archives du système judiciaire. Bien que Godoy ait insisté sur le fait que cette participation ne constitue pas un conflit d'intérêts et que la réception de notifications n'implique pas d'action procédurale, ce lien a alimenté les critiques sur l'indépendance de l'organisme chargé de gouverner et de discipliner la fonction judiciaire.

La procédure sera élaborée conformément à l'article 84 de la Loi Organique de la Fonction Législative. Les interrogateurs auront jusqu'à deux heures pour présenter les accusations sur la base des preuves présentées lors de la phase des preuves. Par la suite, Godoy disposera de trois heures maximum pour présenter sa défense avant la séance plénière. Ensuite, chaque partie peut exercer son droit de réponse pendant une heure au maximum.

Une fois les interventions terminées, le président du Conseil judiciaire devra quitter la salle et le débat parlementaire pourra commencer. Chaque législateur peut intervenir pendant une durée maximale de dix minutes, sans droit de réponse. Pendant ou à la fin du débat, la motion de censure et de révocation peut être présentée. Si aucune requête n’est déposée, la demande sera déposée. La séance devrait durer plus de six heures.

PHOTO DE FICHIER – La séance plénière

Pour que la censure et la révocation réussissent, il faut au moins 101 votes affirmatifs, conformément à l'article 85 de la loi organique de la fonction législative. Selon les déclarations précédentes de différents groupes, il y aurait une majorité législative prête à soutenir la censure, avec le soutien du groupe officiel d'Action Nationale Démocratique, la Révolution Citoyenne, de trois législateurs du Pachakutik, de trois du Parti Chrétien-Social et de quelques indépendants.

L'issue du procès en destitution créera un précédent dans la législature actuelle et aura des effets directs sur la direction de l'organisme chargé de l'administration disciplinaire et organisationnelle de la justice dans le pays. Si les voix nécessaires sont obtenues, Godoy sera censuré et destitué ; Dans le cas contraire, il continuera à fonctionner et le processus sera archivé.