L'ancien chef des renseignements chavistes, Hugo « El Pollo » Carvajal, sera condamné le 16 avril par un tribunal fédéral de New York après avoir plaidé coupable de complot en faveur du narcoterrorisme, d'importation de cocaïne et de crimes liés aux armes à feu.
Le juge Alvin Hellerstein a fixé la nouvelle date après avoir reporté l'audience initialement prévue cette semaine en raison de la fermeture du tribunal en raison d'une tempête hivernale dans la ville.
Carvajal, 65 ans, a reconnu en juin devant la justice américaine avoir conspiré au profit des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), facilité le trafic de drogue vers les États-Unis et participé à des activités avec des armes à usage restreint. Les accusations pourraient être passibles d'une peine d'emprisonnement à perpétuité, dans le cadre de l'une des procédures pénales les plus pertinentes impliquant d'anciens responsables du régime vénézuélien.
L'affaire fait partie d'une enquête fédérale qui comprenait en 2020 des accusations contre le dictateur déchu Nicolás Maduro, son épouse Cilia Flores et d'autres hauts responsables chavistes, tels que Diosdado Cabello, premier vice-président du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), tous accusés de complot narcoterroriste et de crimes liés aux armes.

Depuis janvier, Maduro et Flores sont détenus dans une prison fédérale de New York et font face à des accusations similaires relevant de la juridiction américaine.
La peine de Carvajal a été reportée à plusieurs reprises depuis son extradition vers les États-Unis, processus qui a suivi son arrestation en Espagne et sa remise à la justice nord-américaine. Ce dernier report est une conséquence de la fermeture temporaire du tribunal du district sud de New York, comme l'a confirmé l'équipe juridique de l'ancien général. Désormais, l'audience finale est prévue le 16 avril à 10h00 (heure locale).
Le dossier judiciaire précise que Carvajal, qui a dirigé les renseignements militaires vénézuéliens entre 2004 et 2011 puis le Bureau national contre le crime organisé, a reconnu avoir fourni un soutien logistique et une protection au réseau de trafic de drogue des FARC.
Selon les procureurs, il a facilité les itinéraires et les opérations pour l’introduction d’importantes cargaisons de cocaïne sur le territoire des États-Unis, en coordination avec des membres de la direction chaviste et des structures internationales du crime organisé.
En décembre, Carvajal a envoyé une lettre au président américain Donald Trump, donnant des détails sur l'implication de Nicolás Maduro dans le Cartel des Soleils, une organisation criminelle accusée par Washington de coordonner des opérations de trafic de drogue avec la participation de l'armée et de hauts responsables vénézuéliens.
Dans la lettre, l'ancien général exprime sa volonté de collaborer avec le système judiciaire américain pour clarifier les liens entre le chavisme et la criminalité transnationale.
Au cours du procès, la défense de Carvajal a reconnu la gravité des événements et a souligné la volonté de l'accusé de coopérer avec les autorités américaines, une stratégie qui pourrait influencer la détermination finale de la peine. Cependant, l'accusation a souligné l'ampleur des dégâts causés par le réseau criminel et l'importance de la collaboration entre les responsables vénézuéliens et la guérilla colombienne dans le trafic de drogue vers les États-Unis.
L'enquête fédérale soutient que les opérations criminelles auxquelles Carvajal a participé représentaient une menace pour la sécurité américaine, impliquant l'utilisation d'armes à feu et la coordination d'envois massifs de cocaïne. Cette affaire est considérée comme emblématique de la politique de Washington contre le trafic de drogue et comme une mise en garde contre la pénétration des structures criminelles dans les sphères du pouvoir en Amérique latine.
Le témoignage de Carvajal et les preuves recueillies au cours de l'enquête renforcent l'accusation portée contre d'autres hauts dirigeants vénézuéliens, en particulier Maduro et Cabello, dont les procédures judiciaires se poursuivent devant les tribunaux fédéraux.

Le résultat de l’audience du 16 avril sera déterminant pour définir les conséquences judiciaires pour l’un des principaux responsables des renseignements chavistes et pour l’avenir des procès ouverts contre les dirigeants du régime vénézuélien.