Moins de 24 heures après que le Conseil des ministres a autorisé l'octroi de contrats temporaires pour l'exploitation des ports de Balboa et Cristóbal, le Contrôleur général de la République a approuvé les contrats, ouvrant ainsi la voie à la continuité opérationnelle du système portuaire lié au canal de Panama et ouvrant un nouveau chapitre dans le conflit juridique et politique sur ces terminaux stratégiques.
Selon le communiqué officiel publié le 24 février 2026, le contrôleur général Anel Flores a signé l'approbation du contrat n° A-2002-26, signé entre l'Autorité maritime du Panama et l'APMT Panama, SA, pour l'exploitation, l'entretien et l'administration du port de Balboa.
Dans le même temps, le contrat de concession n° A-2003-26 avec TIL Panama, SA a été approuvé, visant à la continuité opérationnelle du port de Cristóbal, considéré comme une infrastructure clé pour le commerce maritime et la connectivité logistique du pays.
La décision gouvernementale a été finalisée avec l'approbation de contrats transitoires d'un montant total de 41 900 000,00 $, destinés à garantir la continuité opérationnelle des terminaux pendant que le modèle de concession définitif est défini.

L'accord prévoit qu'APMT Panama SA exploitera le port de Balboa pendant 18 mois pour 26 100 000,00 $, tandis que TIL Panama SA assumera l'administration du port de Cristóbal pour 15 800 000,00 $ sur la même période, dans le cadre d'un programme temporaire visant à éviter les interruptions du système logistique du pays et à préserver la confiance des compagnies maritimes et des opérateurs internationaux.
Le document souligne que l'approbation fait partie du contrôle constitutionnel et juridique préalable que le Bureau du Contrôleur financier exerce sur les actes administratifs qui engagent des ressources publiques, dans le but de garantir que ceux-ci respectent le cadre juridique en vigueur et sauvegardent l'intérêt national.
De même, l'entité a souligné que les deux contrats sont basés sur les dispositions de l'article 79 du Texte Unique de la Loi 22 sur les marchés publics, la réglementation qui réglemente les concessions administratives et les contrats associés à l'exploitation des services publics.
La décision de l'organisme de surveillance intervient après que le Conseil des ministres a approuvé l'embauche temporaire d'APM Terminals et de TIL Panama, dans le cadre d'une mesure visant à assurer le fonctionnement des ports après l'arrêt de la Cour suprême de justice qui a invalidé le précédent contrat de concession.

L'Exécutif a soutenu que l'embauche temporaire répond à la nécessité d'éviter les interruptions dans la chaîne logistique et de garantir la continuité du commerce international qui traverse le canal de Panama.
Parallèlement, l'Autorité du Canal de Panama a publié une déclaration dans laquelle elle assure que les opérations maritimes se poursuivent normalement et en toute sécurité, malgré le changement administratif dans les terminaux.
L'entité a souligné que la stabilité du système portuaire est fondamentale pour le fonctionnement de la voie navigable interocéanique et a réitéré que la coordination entre les institutions de l'État permet de maintenir la fluidité du trafic maritime et la compétitivité du pôle logistique panaméen.
Le processus a également suscité des réactions dans le domaine diplomatique, où l'ambassadeur des États-Unis au Panama, Kevin Cabrera, a exprimé son soutien à la décision adoptée par le gouvernement panaméen après le jugement du tribunal sur la concession portuaire.
Le diplomate a souligné que la mesure représente une étape pertinente pour renforcer la transparence et la gouvernance dans les infrastructures stratégiques, soulignant l'importance de la transition opérationnelle réalisée dans la stabilité pour le commerce maritime international et la chaîne logistique régionale.
Cependant, la mesure a également provoqué une réaction négative de la part de la Panama Ports Company (PPC), une filiale du conglomérat CK Hutchison, qui a qualifié la décision d'illégale et a mis en garde contre d'éventuelles poursuites judiciaires.
L'entreprise a soutenu que la reprise des ports viole les droits contractuels et génère de l'incertitude pour les investissements étrangers, un argument qui ouvre la porte à un éventuel scénario d'arbitrage international.
Le président José Raúl Mulino, pour sa part, a exclu que la décision implique une expropriation des actifs portuaires, affirmant que le processus répond à l'exécution d'une décision de justice et à la nécessité de garantir la continuité du service public.
Le président a insisté sur le fait que la passation de marchés transitoires est une mesure administrative visant à préserver le fonctionnement des infrastructures stratégiques en attendant de définir l'avenir du modèle concessionnaire.
D'un point de vue économique, le Gouvernement a souligné que la continuité opérationnelle de Balboa et Cristóbal est fondamentale pour la compétitivité logistique du pays, la génération d'emplois et le maintien du flux commercial lié au Canal. Les autorités ont également souligné que la mesure évite les impacts sur la chaîne d'approvisionnement régionale et protège la réputation du Panama en tant que centre maritime et portuaire.