Sauveteurs et voisins ont repris jeudi les recherches de 14 personnes disparues dans le sud-est du Brésil, où une tempête dévastatrice a déjà fait 54 morts dans l'État du Minas Gerais. L'opération se déroule sous la menace constante de nouvelles précipitations qui maintiennent en haleine une population traumatisée par la violence des pluies qui frappent la région depuis lundi.
Le temps, caractérisé par des précipitations exceptionnelles, a provoqué des inondations massives, des effondrements de bâtiments et des glissements de terrain qui ont enseveli des dizaines de personnes, principalement dans les municipalités de Juiz de Fora et d'Ubá. Plus de 5 000 habitants ont dû quitter leur domicile en raison du risque de nouveaux effondrements, tandis que les services météorologiques anticipent davantage de pluies jusqu'au week-end.
« Tout le monde est paniqué, amis et parents demandent comment nous allons, cela ressemble à un film d'horreur », a-t-il ajouté entre les larmes depuis Burnier Park, l'un des quartiers les plus durement touchés de Juiz de Fora avec 12 morts et 8 disparus.
Tôt jeudi matin, de nouveaux drames ont eu lieu : trois maisons ont été ensevelies par des glissements de terrain dans le quartier de Tres Moinhos, alors que ses habitants avaient été évacués auparavant. Durant les quelques heures sans précipitations, des dizaines d'habitants se sont précipités chez eux pour récupérer des meubles, des appareils électroménagers, des matelas et même des animaux de compagnie, descendant les rues couvertes de boue dans une course contre la montre avant que la pluie ne retombe.
La tragédie a relancé le débat sur les politiques de prévention des catastrophes au Brésil. Le gouverneur du Minas Gerais, Romeu Zema, a démenti mercredi sur le réseau social X que son gouvernement ait réduit les investissements dans la prévention des pluies ces dernières années. Cependant, selon l'émission télévisée Revue nationalele gouvernement de l'État aurait réduit ses dépenses de 95 % pour atténuer l'impact des précipitations au cours des trois dernières années, un chiffre qui alimente les critiques en pleine urgence.
Cette catastrophe fait partie d’une série de catastrophes climatiques qui frappent le Brésil avec une fréquence et une intensité croissantes. En 2024, des inondations sans précédent ont dévasté le sud du pays, faisant plus de 200 morts et deux millions de sinistrés dans l’une des pires tragédies naturelles de l’histoire du Brésil. Les scientifiques ont lié plusieurs de ces phénomènes extrêmes aux effets du réchauffement climatique, qui intensifie les précipitations dans la région.
La situation dans le Minas Gerais illustre la vulnérabilité des communautés brésiliennes aux événements météorologiques extrêmes, en particulier dans les zones urbaines densément peuplées où l'occupation irrégulière des pentes et le manque d'infrastructures de drainage adéquates aggravent l'impact des pluies torrentielles. La combinaison de facteurs environnementaux, d’urbanisme et de gestion publique transforme chaque tempête en une menace potentiellement mortelle pour des milliers de personnes.
Tandis que la recherche des personnes disparues se poursuit, les autorités locales ont renforcé les protocoles d'évacuation préventive et maintenu les systèmes d'alerte précoce activés. La priorité immédiate est de préserver les vies face à l’augmentation des précipitations, même si la reconstruction des zones touchées et le débat sur les politiques de prévention promettent de dominer l’agenda public dans les semaines à venir.